Sauvetage d’une tortue Caouanne : Elle est libre Max

Le 25 mars dernier, une femelle de tortue caouanne était capturée accidentellement par une ligne de pêche dans le Grand cul-de-sac marin. Les propriétaires de la ligne (Rony et Dominique), marins-pêcheurs sensibilisés dans le cadre des actions menées en partenariat avec le Comité des pêches (CRPMEM-IG) ont eu le bon réflexe de prévenir aussitôt le Centre de soins géré par l’association IGREC MER, hébergé par l’Aquarium de Guadeloupe qui a ainsi pu prendre l’animal en charge dans les meilleurs délais.

La tortue caouanne, de son petit nom latin Caretta caretta, est une espèce rare dans les eaux guadeloupéennes. En moyenne, seules une à deux observations sont rapportées chaque année au RTMG. Cette espèce vit en effet au large, sur des fonds d’environ 50 m où elle se nourrit principalement de crabes et autres crustacés à l’aide de sa large et puissante mâchoire qui lui ont valu le sobriquet anglais de Loggerhead ou « Tête de bûcheron ». En période de reproduction, la tortue caouanne préfère les régions tempérées aux régions tropicales. Ainsi, les zones de ponte les plus proches de la Guadeloupe se trouvent en Floride.

D’une longueur de 87cm pour un poids de 72kg, la femelle hameçonnée, baptisée « Max », est l’une des plus imposantes tortues qui ait été admise au Centre de soins jusqu’ici. Après que le vétérinaire Jolt Evva lui avoir retiré l’hameçon, l’équipe du Centre de soins a veillé sur elle pendant près de trois semaines, le temps qu’elle reprenne des forces pour son retour à la vie marine. Celui-ci a eu lieu le mercredi 15 avril. Après une dernière toilette et une pose de bagues qui nous permettra peut-être d’avoir de ses nouvelles un jour, Max a été transportée jusqu’à la plage de Babin (Vieux-Bourg) où plus d’une centaine de personnes, ti moun et gran moun réunis, sont venues apercevoir cette espèce peu commune et adresser un dernier au revoir à Max. Elle a ensuite été emmenée sur une embarcation au large de Vieux Bourg pour être libérée par le même marin-pêcheur qui l’avait accidentellement capturée.

Cette opération de relâcher, parfaitement orchestrée par les associations IGREC MER et l’ECOLE DE LA MER, a également mobilisé des agents de la municipalité de Morne à l’eau, du Parc National et de l’ONCFS ainsi que plusieurs bénévoles, mettant en exergue la belle synergie qui anime les différents acteurs engagés pour la sauvegarde des tortues marines en Guadeloupe. Sans oublier bien sûr les marins-pêcheurs, acteurs de premier plan qui sont de plus en plus nombreux à être sensibilisés à la cause des tortues marines.

Pour Max, Woulo et merci à tous !

ONCFS