1 jour 1 info biodiversité

Durant le confinement, plusieurs acteurs de la protection de l’environnement de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane, dont le Réseau Tortues Marines Guadeloupe, se sont associés pour vous proposez une information sur la biodiversité chaque jour sur leurs pages Facebook.

Merci à tous pour cette opération de communication informative et ludique !

 

Vous pouvez retrouver les publications du RTMG en cliquant sur les images ci-dessous :
1J1IB - RTMG 1 - respi tortues

1J1IB - RTMG 2 - TM & forêt

1J1IB - RTMG 3 - Passagers clandestins

1J1IB - RTMG 4 - Age des TM

1J1IB - RTMG 5 - larme TM

1J1IB - RTMG 6 - mangoustes

Plein de documentaires pour s’occuper pendant le confinement !

Pour en apprendre toujours plus sur les tortues marines pendant le confinement, plusieurs documentaires sont disponibles gratuitement en ligne.
Cliquez sur les images pour accéder aux vidéos.

 

Incroyables coquilles et carapaces : tortues et autruches

Incroyables coquilles et carapaces : tortues et autruches

Incroyables coquilles et carapaces : tortues et autruches
Disponible jusqu’au 7 mai

Le naturaliste David Attenborough s’intéresse dans cet épisode à deux formes très différentes de coquilles, qui se sont révélées des championnes de l’évolution : la coquille d’oeuf, plus particulièrement d’autruche, et la carapace rigide de la tortue.

L’œuf d’autruche, brillant comme de la porcelaine et percé de centaines de pores, peut peser jusqu’à deux kilos et demi. La carapace de la tortue est bien différente : composée majoritairement d’os, ainsi que de cartilage et d’écailles, alimentée par des petits vaisseaux sanguins, elle permet à sa placide propriétaire de vivre plus de cent ans, mais peut s’avérer un obstacle quand il s’agit de se reproduire.

 
 
 

Quand baleines et tortues nous montrent le chemin

Quand baleines et tortues nous montrent le chemin

Quand baleines et tortues nous montrent le chemin
Disponible jusqu’au 14 mai

Depuis quelques années, les baleines à bosse et les tortues marines sont de retour dans les eaux de La Réunion. Un formidable espoir pour la biodiversité.

Pourquoi les baleines à bosse et les tortues marines fréquentent-elles à nouveau les eaux réunionnaises, qu’elles avaient désertées ? Pour comprendre le phénomène, ce documentaire, raconté par Cécile de France, suit le quotidien d’un jeune baleineau, de sa naissance à La Réunion à son départ pour l’Antarctique, et d’une tortue verte qui a grandi ici et s’apprête à repartir vers son île natale pour se reproduire. Dans leur sillage, il donne la parole aux photographes, naturalistes et scientifiques qui œuvrent à leur protection.

 
 
 

La vie secrète d'un nid de tortues marines

La vie secrète d’un nid de tortues marines

La vie secrète d’un nid de tortues marines
Disponible jusqu’au 29 juin

Ce documentaire dévoile, pour la première fois, les coulisses d’un nid de tortues marines au moment de la ponte, événement extraordinaire baptisé « arribada » au Costa Rica. Des images étonnantes.

Dans le sillage d’une équipe internationale de chercheurs, la réalisatrice Hayley Smith capte les communications des petites tortues à travers leurs coquilles et analyse le comportement des femelles adultes sous l’eau. Une manière d’aborder les enjeux de conservation de cette espèce marine menacée.

 
 
 
 
 

GEO Reportage - Cap-Vert, les chiens au secours des tortues

GEO Reportage – Cap-Vert, les chiens au secours des tortues

GEO Reportage – Cap-Vert, les chiens au secours des tortues
Disponible jusqu’au 19/05

Pour les tortues de mer, les plages du Cap-Vert comptent parmi les sites de nidification les plus importants du monde : des milliers de femelles y pondent leurs œufs chaque année. Mais le braconnage menace leur reproduction. « GEO Reportage » a assisté à l’arrivée au Cap-Vert de Kelo et Karetta, deux labradors. Dressés en Suisse, ces chiens aident à débusquer les braconniers. Parviendront-ils à sauver les tortues ?

La mégafaune marine : des espèces menacées mais indispensables aux écosystèmes

La mégafaune marine est constituée de l’ensemble des espèces de plus de 45 kg que l’on retrouve dans les mers et les océans telles que les baleines, les requins, les phoques et les tortues marines. Aujourd’hui, un tiers de ces espèces est menacé d’extinction alors qu’elles ont des rôles essentiels pour les écosystèmes marins. Parmi ces rôles, on peut citer le transport de nutriments entre habitats, la régulation de certaines espèces ou la modification physique des habitats. Chaque espèce a des rôles différents qui dépendent de son écologie: son régime alimentaire, la distance qu’elle parcourt ou sa taille par exemple. Ce sont les traits fonctionnels de l’espèce.

 

Adapté de Pimiento et al., 2020

Adapté de Pimiento et al., 2020

Une équipe de scientifiques a répertorié les traits fonctionnels de toutes les espèces composant la mégafaune marine afin de mesurer leur contribution aux écosystèmes et de prévoir les conséquences de leur extinction. Ils ont alors créé un indicateur mesurant l’importance de chaque espèce pour les écosystèmes en prenant en compte le niveau de menace sur ces espèces. C’est l’indice « FUSE » qui évalue à quel point une espèce est « fonctionnellement unique, spécialisée et en danger ».

 

Si une espèce a un indice « FUSE » important, cela signifie qu’il n’existe probablement pas d’autre espèce qui remplisse le même rôle au sein des écosystèmes. Son extinction aurait donc des impacts directs importants et pouvant amener à des dégradations en cascade de la qualité des écosystèmes. C’est le cas des tortues vertes, espèce ayant l’indice « FUSE » le plus important de toute la mégafaune marine (suivie de près par le lamentin). Ce résultat est dû à l’écologie particulière de cette espèce, herbivore, benthique et ayant aussi besoin du milieu terrestre pour sa reproduction, associée aux nombreuses menaces auxquelles elle fait face : modification des habitats côtiers, pollution, capture accidentelle, changement climatique.

 

© Isabelle Monnier

Tortue verte © Isabelle Monnier

Plus largement, les résultats de l’étude montrent que la redondance des traits fonctionnel est faible au sein de la mégafaune marine. Cela signifie que peu d’espèces remplissent le même rôle dans les écosystèmes. Ainsi, la perte d’espèces fait perdre des fonctions écologiques uniques. Les auteurs de cette étude espèrent que cet indice pourra permettre de mieux prioriser les actions de conservation.

 

 

Pour plus d’informations :

Un autre article de vulgarisation sur l’étude

L’article scientifique correspondant (en anglais) : Pimiento et al. (2020) Functional diversity of marine megafauna in the Anthropocene. Science Advances, 6 (16), DOI: 10.1126/sciadv.aay7650

 

[OFFRE D’EMPLOI] Animateur interrégional des PNA Tortues marines et Iguanes des Petites Antilles

L’équipe du PNA recrute un animateur interrégional pour les Plans Nationaux d’Actions en faveur des Tortues Marines et de l’Iguane des Petites Antilles.

Ce poste a pour vocation de mettre en oeuvre les deux PNA, d’en suivre le budget, de mutualiser les réflexions entre la Guadeloupe et la Martinique et de favoriser la mise en synergie des acteurs pour rendre le plan le plus opérationnel possible. En concertation avec les Directions Régionales de l’ONF et les DEALs de Guadeloupe et Martinique, l’animateur aura sous sa responsabilité directe les deux animateurs territoriaux chargés de l’animation des plans d’actions iguane et tortue en Guadeloupe et en Martinique ainsi que le Volontaire du Service Civique de la Guadeloupe et de la Martinique.

Pour plus d’informations, c’est ici.

Les candidatures sont acceptées jusqu’au 30 avril 2020.

 

 

Le sauvetage d’Aruba la tortue verte

En fin de matinée le 30 novembre, alors que la petite tortue verte Antigua vient d’être relâchée sur la plage de Grande Anse à Deshaies, le numéro d’urgence du réseau tortues marines sonne de nouveau. Cette fois-ci c’est Thierry, plaisancier en halte au port de Deshaies, qui a repéré une tortue en difficulté qui reste immobile au fond de l’eau sous son bateau. La tortue est empêtrée dans du fil de pêche. Il a réussi à la libérer du fil qui entourait sa tête et sa nageoire ce qui permet à la tortue de nager librement mais il craint qu’elle ait avalé un hameçon. Jolt, le vétérinaire, Jacquie, de l’association Le Gaïac et Julie, de l’ONF, se rendent sur place pour essayer de retrouver la tortue et voir si elle a besoin de soins. Malheureusement ils ne la trouvent pas.

Le samedi en fin d’après-midi, Thierry rappelle, il a retrouvé la tortue ! Claude et Jacky, de l’association To-Ti-Jon, se rendent rapidement au port afin de transférer la tortue chez le vétérinaire pour qu’on lui fasse une radio. C’est une belle tortue verte de 28 kg. Bonne nouvelle, on ne voit pas d’hameçon à la radio mais le fil de pêche dans lequel elle était emmêlé l’a blessée. La tortue est amenée au centre de soin de l’aquarium où les soigneurs pourront s’occuper de ses plaies et la surveiller pendant quelques semaines.

Le fil de pêche avalé par Aruba (Photo : Centre de soin de l'Aquarium)

Le fil de pêche avalé par Aruba (Photo : Centre de soin de l’Aquarium)

Le mardi suivant, après le petit déjeuné de la tortue, les soigneurs retrouvent une grosse pelote de fil de pêche dans le bassin. La tortue, nommée Aruba, avait donc avalé une partie du fil de pêche et s’était emmêlée dans le reste. Grâce à l’intervention de Thierry et des membres du réseau tortues marines, Aruba a pu être sauvée. Les fils et filets de pêches ainsi que les déchets rejetés en mer sont une menace importante pour les tortues marines qui peuvent mourir en s’emmêlant dedans ou en les ingérant.

Après 2 mois de convalescence, Aruba est prête à reprendre la mer.

Au matin du 11 février de nombreuses personnes sont réunies pour l’observer parcourir les quelques mètres qui la sépare de l’eau. On espère la voir revenir sur les plages de Guadeloupe pour pondre d’ici peu !

 

 

© ONF Guadeloupe - Olivier JEAN-CHARLES

© ONF Guadeloupe – Olivier JEAN-CHARLES

 

*** Merci à toutes les associations et personnes impliquées dans ce sauvetage ! ***

[ OFFRE DE STAGE ] Régulation de la population de petite mangouste indienne

L’équipe du PNA cherche un stagiaire de M2 pour travailler pendant 6 mois (avril à septembre 2020) sur la régulation de la population de petite mangouste indienne.

La petite mangouste indienne est une espèce exotique envahissante qui représente une menace importante pour les tortues marines dont elle déterre et mange les œufs. Sur certaines plages cette prédation peut mener à la destruction de 100% des nids notamment sur la commune de Port-Louis.

Vous trouverez toutes les modalités du stage ici.

N’hésitez pas à postuler dès maintenant, nous attendons vos candidatures avec impatience.

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Bilan de la saison de ponte 2019

Samedi dernier, les membres du réseau se sont réunis à la maison forestière de Douville pour faire le bilan sur la saison de ponte 2019 des tortues marines. C’était aussi l’occasion de se rencontrer et d’échanger pour les membres répartis dans toute la Guadeloupe.

Durant l’année écoulée, ils ont effectué plus de 6000 comptages de traces de tortues sur 115 plages de Guadeloupe et de Saint-Martin ! Un très bel effort !

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Le document bilan préparé par l’équipe d’animation présente la répartition de l’activité des tortues et des suivis par communes (bientôt disponible par plage !). On revient aussi sur le protocole et les questions que vous vous posez sur celui-ci.

Et avec l’approbation générale des présents, le RTMG a maintenant une page Facebook ! N’hésitez pas à aller la visiter.

 

Encore merci à tous pour votre participation et votre implication !

Et à très bientôt pour le début de la saison de ponte 2020

En Guyane, le bilan de la saison de ponte est préoccupant

Le Réseau Tortues Marines de Guyane a fait paraître aujourd’hui un communiqué de presse pour alerter sur le bilan préoccupant de la saison de ponte 2019. Si les données concernant l’activité des tortues vertes et des tortues olivâtres n’est pas très encourageant, c’est la situation des tortue luth qui est la plus alarmante. En 10 ans, le nombre de nids de tortues luth est passé de plus de 16 000 en 2009 à moins de 1000 en 2019. Malgré les important efforts déployés pour préserver les tortues marines en Guyane, et notamment à travers le Plan National d’Action en faveur des tortues marines, les menaces restent nombreuses et ont des impacts très fort sur ces espèces.

 

 

Antigua, la petite tortue de Deshaies

Le 6 septembre, Daniel est en train de pêcher en apnée au large de Deshaies lorsqu’il rencontre une petite tortue verte. La tortue tente à plusieurs reprises de plonger mais elle remonte à la surface comme un bouchon et fini par ne plus bouger. Daniel observe la tortue et pour lui pas de doute, elle lui demande de l’aide. Il la ramène donc au port de Deshaies.

Le RTMG est contacté et c’est Anne, de l’association Le Gaïac, qui se rend sur place. La carapace de la tortue est couverte d’algues et l’animal a l’air faible. On l’emmène au centre de soin de l’Aquarium où Jolt Evva, le vétérinaire référent spécialiste des tortues, l’examine. La tortue, nommée Antigua, a entre 5 et 7 ans, elle est jeune et ne se reproduit pas encore. Les radios montrent un problème pulmonaire. Elle restera 3 mois au centre de soin où on lui administre des antibiotiques et des vitamines. Fin novembre, elle se nourrit bien (elle fait un peu plus de 7 kg) et sa carapace est toute propre. La voilà prête à retourner à la mer.

L’événement est organisé par l’association l’Ecole de la Mer le 28 novembre sur la plage de Grande Anse à Deshaies. Pour l’occasion, les associations du réseau, la mairie, la presse et plusieurs classes de scolaires sont invités. L’association le Gaïac a mis en place un stand et parle des tortues aux enfants rassemblés sur la plage. Et à 10h30, sous le regard fasciné de dizaines de spectateurs petits et grands, Antigua retourne chez elle, dans l’océan. On espère la revoir sur la plage d’ici quelques années pour la saison de ponte.

A peine quelques heures plus tard, une autre tortue en difficulté est signalée dans le port de Deshaies par un plaisancier. De nouveau le réseau se mobilise et une bénévole du Gaïac, Jolt le vétérinaire et un agent de l’ONF se rendent sur place. Ouf, ce n’est pas Antigua. Mais tout de même une nouvelle patiente pour le centre de soin qui s’est empêtrée dans du fil de pêche. La suite très bientôt !

Le changement climatique augmente la proportion de femelles chez les tortues marines

En haut : Localisation des population étudiées : En bas : Vue aérienne de Raine island.

Le changement climatique entraîne la hausse des températures à l’échelle mondiale. Ce phénomène est particulièrement préoccupant pour les tortues marines car le sexe des individus est déterminé par la température d’incubation des œufs pendant le développement de l’embryon. Ainsi plus la température du nid est élevée plus il y aura de tortillons femelles et, inversement, plus la température du nid est faible plus il y aura de tortillons mâles. Le rapport du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) de 2014 prévoit une hausse des températures moyennes de 2,6°C ce qui pourrait avoir pour conséquence une augmentation du taux de mortalité des œufs et l’augmentation de la proportion de tortues femelles.

Une équipe de chercheurs a étudié le sex-ratio (la proportion de mâles et de femelles) de la population de tortues vertes de Raine Island en Australie. Cette toute petite île de de 32 hectares (la même surface que la plus petite des deux îles de Petite Terre) au Nord de la Grande Barrière de corail est le plus gros site de ponte de tortues vertes de l’océan Pacifique et accueille plus de 200 000 pontes par an. Une autre partie de cette population pond plus au Sud, vers Brisbane, où la hausse des températures n’a pas été aussi importante qu’à Raine island.

Les résultats de cette étude montrent que, pour les tortues originaires de la zone plus au Sud (moins impactée par le réchauffement climatique), il y a environ deux fois plus de femelles que de mâles pour toutes les classes d’âges (adulte, sub-adulte, juvénile). Le sex-ratio est donc stable depuis 30 à 40 ans (l’âge des tortues adultes capturées) dans cette zone. Au contraire, à Raine island, le sex-ratio a beaucoup changé. Chez les adultes, il y a environ 6 fois plus de femelles que de mâles. La proportion de femelles était donc déjà plus importante il y a 40 ans dans cette zone chaude comparée à la population du Sud. Le résultat le plus inquiétant concerne les sub-adultes et les juvéniles de Raine island chez lesquels il y a 99% de femelles. Le sex-ratio de cette population s’est grandement déséquilibré au cours des dernières décennies produisant pratiquement exclusivement des tortues vertes femelles depuis 20 ans. La survie de la population de Raine island est donc en péril et les prédictions de hausse de température sont d’autant plus inquiétantes.

Un autre groupe de chercheur, à Saint-Eustache dans la Caraïbe, a démontré l’importance de l’ombre fournie par la végétation sur les sites de ponte pour limiter l’augmentation de la température du sable et ainsi l’altération du sex-ratio dans les nids de tortues marines. C’est donc une bonne raison de plus de préserver la végétation du littoral !

 

 

Sources

Craig Welch (2019) Sea turtles are being born mostly female due to warming—will they survive? National Geographic

Jensen et al. (2018) Environmental Warming and Feminization of One of the Largest Sea Turtle Populations in the World, Current Biology, 28, 154–159

Swansea University (2018) New approach helps mitigating the effect of climate change on sea turtles