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Résultats de l’étude sur les données issues de la pose de bagues en Guadeloupe

Depuis le début des suivis de l’activité de ponte des tortues marines en Guadeloupe, en 2000, des bagues métalliques numérotées ont été posées sur les nageoires avant des tortues marines. Cette méthode permet de différencier les individus, et donc de reconnaitre une tortue qui viendrait plusieurs fois sur nos plages. Malgré les nombreuses connaissances qu’a pu apporter cette méthode de suivi, elle est aujourd’hui remise en question : problème d’éthique, risque de dérangement de la tortue, possible porte d’entrée pour des agents pathogènes, perte des bagues avec le temps.

Pour connaitre précisément les apports de cette méthode en termes de nouvelles connaissances scientifiques, une étude sur les 20 années de données de marquage a été conduite par l’association Chélonée, en partenariat avec Evasion Tropicale et Marc Girondot, de l’université Paris Sud.

Les résultats de l’étude sont disponibles ici :

De bons résultats ont été obtenus sur des questions de fidélité au site de ponte, d’intervalle entre deux pontes et entre deux saisons de pontes, sur le taux de perte des bagues ou encore sur la taille moyenne des individus.


Les données récoltées n’ont par contre pas permis d’estimer des paramètres fondamentaux en terme de dynamique de population, tels que le taux de croissance, la survie et la taille totale des populations. La biologie très complexe des tortues marines et la configuration des plages en Guadeloupe (nombreuses petites plages) font que la probabilité de ré observation d’un animal marqué est faible. Or, seul un taux important de ré observation permet d’obtenir des résultats fiables lors d’analyses sur la dynamique des populations.

En conclusion de cette étude, au niveau scientifique, si les informations que l’on souhaite à présent obtenir concernent les tendances d’évolution des populations en ponte, il est plutôt conseillé de poursuivre le suivi des traces sur les plages de manière aussi précise et exhaustive que possible. La pose de bague n’apportera pas plus d’informations que celles que l’on a déjà, même si il reste intéressant de travailler à développer des méthodes d’identification des individus non invasives.