Construction des fascines par le GIEQ

Les marie-galantais s’investissent pour protéger les tortues marines : des idées innovantes, des perspectives intéressantes.

Le célèbre site de pontes de Trois-Ilets bénéficie d’une attention toute particulière de l’ONF, du GEIQ multiservices de Marie-Galante et du Conservatoire du littoral (CdL) en amont de la saison pour protéger les tortues qui viendront y pondre. En 2010, plusieurs tortues se sont retrouvées sur la route jouxtant la plage, certaines se sont égarées et ont pu être remises à l’eau, mais certaines se sont fait écraser. Ce phénomène de désorientation s’est accru par un cordon de végétation altéré par des conditions difficiles (grandes marées, sécheresse, fréquentation,…), la présence d’une route en bitume très proche (en période de grosse lune et surtout lors des pluies la surface de la route devient très lumineuse et est confondue avec la mer) et l’augmentation du nombre de tortues (plus il y a de tortues, plus le risque augmente).

Pour faire face à cette nouvelle menace, l’ONF gestionnaire du site a développé, en partenariat avec le CdL et l’ONCFS, une technique innovante qui permettra de bloquer physiquement les tortues en arrière plage, de les réorienter vers la mer, de limiter la visibilité de la route et de renforcer le cordon de végétation. Cette technique s’appelle les fascines, largement utilisées pour la restauration des berges de rivières, mais se nomme également les gaulettes sur Marie-Galante qui étaient largement utilisées dans l’habitat traditionnel. Jean-Louis Mailland s’est inspiré des gaulettes pour développer une solution pour faire face à la désorientation des tortues.

Actuellement, plusieurs jeunes marie-galantais du GEIQ multiservices encadrés par l’ONF sont en train d’installer l’équivalant de 800m linéaire de fascines construites en partie avec du Saint-Domingue tressé entre des pieux de gommier rouge  (qui prendront racine). Ces travaux devraient être finis pour début mai et sauveront la vie de plusieurs femelles venues pondre.

Cette technique innovante pourra, si elle fait ses preuves (ce qui devrait être le cas), être utilisée sur différents sites comme barrière, enclos de régénération et technique de re-végétalisation. Cette technique contribuera à la lutte contre des espèces végétales invasives, comme l’acacia de Saint-Domingue, grâce à sa valorisation. Le savoir-faire développé par les jeunes marie-galantais pourrait s’exporter sur l’ensemble de la région… Les tortues marines contribueraient-t-elles au développement de nouvelles activités économiques ?

Merci à l’ONF, membre du RTMG.

 

Eric Delcroix – ONCFS