Braconnage d'une tortue imbriquée à Marie-Galante ©S.Pedurthe

Intimidation de bénévoles à Marie-Galante

Marie-Galante accueille chaque année d’importants effectifs de tortues marines en ponte et certaines de ses plages sont considérées comme des sites de pontes majeurs à l’échelle des Petites Antilles. Alors que de nombreuses personnes conjuguent leurs efforts pour assurer l’étude et la préservation des populations de tortues ainsi que la valorisation de ce patrimoine écotouristique remarquable, d’autres continuent de tuer ces animaux, pourtant protégés depuis presque 25 ans.

Le braconnage perdure en effet dans l’archipel guadeloupéen, pour la consommation de la viande et des œufs ou encore la récupération des écailles ou des carapaces.

Depuis une dizaine d’années, l’association Kap Natirel et ses écovolontaires assurent l’essentiel du suivi des pontes de Marie-Galante entre juin et août, en coordination avec l’association marie-galantaise Ecolambda. Cette présence soutenue sur les plages contribue certainement à limiter les actes de braconnage mais ne les empêche pas totalement.

Si braconniers et patrouilleurs bénévoles se croisent le plus souvent sans trop de heurts, il arrive néanmoins que les premiers tentent d’intimider les seconds. C’est ce qu’il s’est vraisemblablement passé à la fin du mois d’août dernier. Alors qu’ils étaient en suivi sur la plage des Galets à Capesterre de Marie-Galante, les bénévoles de Kap Natirel ont retrouvé les 8 pneus de leurs 2 véhicules crevés au couteau, laissant l’équipe isolée en pleine nuit sans moyen de communication ni de déplacement, sans compter le coût financier pour l’association.

L’attribution de cet acte à des braconniers ne peut être strictement affirmée à ce stade mais elle apparait néanmoins être le scénario le plus probable. Le vandalisme gratuit est en effet rare sur Marie-Galante, a fortiori dans un lieu aussi reculé.

Contrairement aux services de police de l’environnement, le rôle des patrouilleurs n’est pas d’intervenir face aux actes de braconnage, présumés ou avérés, mais de prendre plaisir à suivre et préserver les tortues marines.

Mais dès lors se pose un dilemme : faut-il céder aux tentatives d’intimidation au nom de la sécurité et laisser le champ libre aux braconniers ou bien continuer d’occuper le terrain ? La problématique n’est pas simple mais sa résolution durable ne pourra venir que d’une évolution globale des comportements et mentalités. L’identité des braconniers et leurs agissements sont en effet souvent connus de nombreuses personnes qui préfèrent se taire et laisser faire. Au risque de laisser détruire un patrimoine naturel exceptionnel…

ONCFS