Haie d'honneur pour la tortue ©ONCFS

Elles retournent à la mer…

Ce mois de février 2014 fut animé par le retour à la mer de trois tortues marines d’espèces différentes, après leur passage au centre de soins de l’association IGREC MER, hébergé à l’Aquarium de Guadeloupe.

Les remises à l’eau de tortues marines représentent des opportunités pour les acteurs du RTMG pour mener des opérations de communication et de sensibilisation sur ces espèces protégées, auprès des scolaires et du grand public.

Le 4 février, une jeune tortue verte est remise à l’eau à partir de la plage à Fifi à la Désirade. Cette tortue affaiblie avait été récupérée deux mois auparavant par des désiradiens sur la plage de l’Anse de l’Echelle. Elle avait ingéré un bas de ligne de pêches munie de plusieurs hameçons. Malgré plusieurs tentatives des gendarmes pour les lui ôter, il s’était avéré impossible de les enlever sans intervention chirurgicale. Elle avait été transférée via la vedette maritime vers Grande-Terre, pour être acheminée au centre de soin des tortues marines.

Animé par les acteurs du RTMG représentés par l’association Titè, l’ONF et l’ONCFS en partenariat avec la municipalité de la Désirade, la remise à l’eau a permis de réunir une foule enthousiaste de deux cents personnes. Parmi elle, des visiteurs en vacances, des désiradiens et de nombreux scolaires de la commune, de la maternelle au collège, ont pu être sensibilisés, via l’animation de stands par les équipes présentes, à la protection de cette espèce menacée et protégée.

Félicitations à tous les partenaires, aux désiradiens et à la municipalité d’avoir rendu possible cet évènement, preuve que la conservation des richesses naturelles de la Guadeloupe n’est possible qu’avec la mobilisation de tout un chacun.

Le 14 février, c’est au tour d’une jeune tortue imbriquée de regagner la mer.

Cette jeune tortue d’environ deux ans, a été trouvée en difficulté le 11 février dernier, par un club de plongée de Saint-François. Celle-ci fut rapidement transférée au centre de soin par des éco-volontaires du RTMG.

Jugée en bonne santé après quelques jours d’observation, l’animal peut rapidement regagner le milieu naturel.

Une trentaine d’élèves de l’école des Raisins Clairs de Saint-François ont eu la joie d’assister à la remise à l’eau de cette jeune tortue imbriquée, depuis la plage de la Coulée.

Après plus de 8 mois de convalescence, la femelle de tortue olivâtre a enfin quitté son bassin du centre de soin. Cette tortue rarissime dans les eaux de l’archipel guadeloupéen (3 observations réalisées ces 12 dernières années concernent exclusivement des tortues blessées), dont les zones de reproduction les plus proches sont situées en Guyane et au Surinam, était présente au centre de soin depuis le 16 juin 2013.

Cette tortue recueillie à Sainte-Anne avait la patte avant droite cassée et l’absence de patte avant gauche, très probablement suite à un emmêlement du membre dans une palangre (longue ligne de pêche de surface).

Une opération réalisée par un vétérinaire fin juin 2013, avait permis d’intervenir sur la luxation du membre antérieur droit et de positionner en plus une petite plaque en inox sur le plastron pour consolider une fêlure. De plus, de l’air s’était accumulé dans la carapace de la tortue, l’empêchant ainsi de plonger pour se nourrir.

Depuis début janvier, et après avoir grossi de 6 kg depuis son arrivée, la tortue a retrouvé toute sa vitalité et ses facultés à plonger.

Embarquée à bord du bateau Awak avec plus de 40 scolaires provenant du collège de Saint-François et d’une formation professionnelle de Port-Louis, la tortue olivâtre a rejoint les eaux bleues à plus de 2 miles au large de Saint-François.

Son empressement à regagner la mer était à la mesure de la joie des matelots privilégiés d’un jour.

Cette sortie co-animée par l’association « mon école, ma baleine », fût également l’occasion de parler des cétacés présents dans les eaux de la Guadeloupe. Malgré plusieurs points d’écoute via un hydrophone, seuls les bruits provoqués par les mangeurs de corail ont fait éco, en l’absence de chant de baleines à bosses. Un passage à proximité du rocher dit « de la tortue » situé à la pointe des châteaux pour observer les pailles en queue, a clôturé cette magnifique sortie dédiée à la sensibilisation sur le monde marin.

Ces opérations de sensibilisation et de communication sur les enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats dans l’archipel guadeloupéen, sont menées grâce à des financements de l’Europe, de la DEAL et de la Région, dans le cadre du projet REPROTOMAF.