© Gendarmerie de Guadeloupe

Des tortues et des filets

Les interactions entre les tortues marines et les engins de pêche sont malheureusement nombreuses, et ce sont bien souvent les tortues qui en font les frais, retrouvées échouées sur nos plages et généralement mortes. Heureusement, parfois la vigilance des usagers de la mer permet de secourir à temps les animaux pris au piège.

Quand les plongeurs de la gendarmerie portent secours au monde aquatique

Le mercredi 22 mai 2019, dans le cadre d’un stage de formation, les militaires effectuent une plongée dans la réserve de l’îlet Fajou. Au cours de cette immersion, la palanquée découvre un filet posé le long du tombant de la réserve avec un marquage surface. La zone est interdite à la pêche, le filet est remonté. De nombreux poissons y sont découverts mais aussi un requin nourrice d’environ 1,50 mètre. Encore vivant, il est libéré et relâché. Poursuivant la remontée du piège, c’est une tortue imbriquée qui est découverte. Elle est inanimée mais elle réagit aux tests réflexes que lui font les sauveteurs qui connaissent les manœuvres de réanimation (formation à l’intervention sur une tortue marine, dispensée par le RTMG). L’animal reprend une respiration faible mais autonome, elle reprendra sa liberté après avoir été vue par un vétérinaire. Une seconde tortue est remontée. Elle est également inanimée mais malheureusement ne réagit à aucun des tests qui lui sont faits.
Toujours sur les lieux, nos gendarmes constatent l’arrivée sur la zone d’un bateau de pêche avec 4 personnes à bord s’affairant à remonter un filet. Dans ce deuxième filet se trouve entre autres une autre tortue verte encore vivante. Elle est immédiatement remise à l’eau.


Au final, nos plongeurs – gendarmes – secouristes ont sauvé 2 tortues, un requin et un poisson encore vivant.
Pour ce qui est de nos braconniers la sortie en bateau est beaucoup moins agréable car outre la saisie (dans l’attente d’une décision) des filets et de l’embarcation plusieurs infractions ont été relevées à leur encontre, dont la pêche dans une zone interdite et la destruction d’une espèce protégée.
Une association de protection de l’environnement marin et le parc national ont porté plainte dans le cadre de ces faits.

La vigilance d’un ancien pêcheur

Un pêcheur professionnel à la retraite et plongeur a découvert, le samedi 25 mai, une tortue marine en mauvais état en mer, à 5 mètres de profondeur. La voyant blessée et en grande difficulté, il décide de la remonter sur son bateau et de la ramener au port de Sainte Rose. Le RTMG est prévenu, et des membres de l’association To-Ti-Jon se rendent sur place pour évaluer l’état de la tortue. Prise dans un filet de pêche, la tortue avait réussi à se dégager mais avait encore de nombreux fils pris dans sa chair, et de nombreuses blessures.

Ne pouvant être remise à l’eau en l’état, un transport au centre de soin est effectué. Le docteur Evva a réalisé l’examen de la tortue et les radios pour effectuer un diagnostic : un oeil perdu, et une amputation nécessaire de la nageoire avant gauche. Après l’opération la tortue, baptisée Antigua, se repose au centre de soin, avec l’espoir qu’elle se rétablisse.

 

Merci à tous les intervenants de ces opérations, les gendarmes, les usagers de la mer, les bénévoles du réseau, le vétérinaire Evva et le centre de soin, sans qui ces sauvetages n’auraient pu avoir lieu !