Appel à projet « Kozé toti » : Offre touristique autour des tortues marines en Guadeloupe

Depuis plusieurs années, les tortues marines suscitent la curiosité des guadeloupéens et des touristes désirant approcher ces animaux, que ce soit sur les plages avec les femelles en activité de ponte, ou dans l’eau pour les personnes qui cherchent à nager à leurs cotés. S’agissant d’espèces sensibles au dérangement, il convient d’envisager l’encadrement de ces activités économiques tout en intégrant la réglementation et les exigences de protection dans une perspective de pérennisation des initiatives de découvertes des tortues marines. Leur observation implique le respect de règles d’approche précises et seules quelques personnes habilitées et identifiées ont le droit de les toucher à des fins scientifiques.

L’ONCFS lance un appel à projets auprès des professionnels du tourisme, de l’accueil et de l’animation, afin de soutenir et promouvoir le développement d’activités touristiques responsables, durables et exemplaires, compatibles avec le respect des tortues marines et de leurs habitats.

Documents à télécharger :

Appel à projet « Kozé toti »

Dossier de candidature

Le dossier complet est à envoyer au plus tard le 30 septembre 2015 par mail.

 

Si besoin, vous pouvez solliciter un appui technique pour le montage de votre dossier de candidature.

Contacts

Antoine CHABROLLE

Coordinateur du Plan de Restauration des Tortues Marines de Guadeloupe

Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage

Chemin Boyer, Boisbert, 97129 Lamentin

Tél : 0590 99 23 52

Mobile : 0690 74 03 81

Courriel : antoine.chabrolle@oncfs.gouv.fr

 

Cecile LALLEMAND

Consultante en Tourisme et Environnement

Mobile : 0690 32 22 52

Courriel : cecile.lallemand@destination-eco.fr

Formation des marins-pêcheurs à la réanimation de tortues marines

Parmi les différentes menaces qui pèsent sur les tortues marines de Guadeloupe, les captures accidentelles par des engins de pêche arrivent en bonne place. On estime en effet qu’environ mille individus en sont victimes chaque année. Selon certains professionnels, ce chiffre pourrait être en-deçà de la réalité. Afin d’apporter des solutions à cette problématique, le Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins des Îles de Guadeloupe, en convention avec l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, mène un programme d’actions opérationnelles intitulé « pêche professionnelle et tortues marines ». Les grands axes de ce programme concernent la sensibilisation des marins-pêcheurs, l’expérimentation d’engins de pêche moins impactants et la réanimation des tortues marines.

En effet, malgré leurs aptitudes à rester en apnée sur de longues durées (d’une demi-heure à plusieurs heures), les tortues ne peuvent naturellement pas restées immergées indéfiniment au risque de mourir noyées. C’est ce qui arrive lorsqu’elles sont prises au piège dans des engins de pêche (filets de fond notamment) dont elles ne peuvent se libérer seules. Le stress important engendré dans de tels cas diminue en outre leur capacité à rester en apnée. Ainsi, il arrive régulièrement que des pêcheurs trouvent des tortues mortes en relevant leurs filets, ceux-ci étant parfois rendus inutilisables par les débattements des tortues. Néanmoins, si l’immersion n’a pas été trop longue, il peut arriver que la tortue soit assez en forme pour être relâchée directement ou bien qu’elle soit dans un état de coma.

Dans ce dernier cas, une tentative de réanimation peut être entreprise par l’application d’un protocole efficace et précis. Ce protocole international a été adapté à la Guadeloupe/Martinique dans le cadre du programme d’actions opérationnelles. Ainsi, depuis début 2015, les pêcheurs professionnels de Guadeloupe ont la possibilité de se former volontairement à la réanimation des tortues marines capturées accidentellement. Des formations collectives sont organisées dans les différents ports de pêche de Guadeloupe avec l’aide de pêcheurs professionnels impliqués dans le programme d’actions opérationnelles. Il convient en effet de saluer l’engagement croissant des pêcheurs face à cette problématique.

A la suite de ces formations, assurées par la chargée de mission du programme d’actions opérationnelles, les pêcheurs professionnels volontaires obtiennent une autorisation préfectorale leur permettant de manipuler les tortues marines dans le cadre de la réanimation, ainsi qu’un « kit réanimation ». Cette formation comprend la diffusion d’un film et une démonstration pratique du protocole de réanimation sur une tortue factice. Elle permet aussi de riches échanges sur les interactions entre pêche et tortues marines. Des formations ont d’ores et déjà eu lieu au Gosier, à Saint-François, à Lauriscisque, à Trois-Rivières et aux Saintes. Ce sont ainsi trente deux pêcheurs professionnels qui ont déjà été formés. Les associations de pêcheurs professionnels continuent d’être sollicitées et d’autres sessions sont en préparation.

Pour en savoir plus, vous pouvez visionner les vidéos suivantes :

Film sur le protocole de réanimation

Film sur la pêche durable dans les îles de Guadeloupe

 Marie-France Bernard (CRPMEM-IG) / Thomas Delhotal (ONCFS)

Mise en place de la photo-identification des tortues marines en Guadeloupe

Dans le cadre d’un stage co-encadré par Kap Natirel et l’ONCFS, Emilie Higuero, étudiante de Master 2 à l’Université des Antilles et de la Guyane, a réalisé pendant 6 mois une étude sur la mise en place de la photo-identification comme méthode alternative de suivi des tortues vertes en alimentation en Guadeloupe. Ce travail a été rendu possible grâce à la collaboration de l’observatoire des tortues marines de La Réunion (Kélonia) qui a développé, avec l’IFREMER, une méthode standardisée de photo-identification des tortues marines à écailles qui utilise l’écaillure de leur profil de tête pour générer un code. Ce dernier, constitué d’une suite de chiffres, est unique pour chaque tortue rencontrée et n’évolue pas avec l’âge de l’animal.

Un partenariat a donc été signé pour développer cette étude à l’échelle des Antilles Françaises où Martinique et Guadeloupe ont amorcé ce protocole depuis le début de l’année 2015. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des suivis par balises satellites menés depuis 2010 au sein de l’archipel (programme SEATAG) et a notamment permis d’inventorier en Guadeloupe plus de 80 individus dans la seule baie de Malendure et une quinzaine d’individus dans la Réserve Naturelle de Petite-Terre de janvier à juin 2015. Grâce à la collaboration des acteurs du RTMG et à la collecte de leurs photos d’archives, notre base de données compte aujourd’hui 113 tortues vertes photoréférencées et de nombreuses tortues imbriquées à identifier prochainement.

Un grand merci à tous les bénévoles et membres du réseau qui ont collaboré dans le cadre de ce projet mais également aux encadrants: Sophie Bédel, Caroline Cestor, Antoine Chabrolle, Hélène Philipps, Gabriel Chabert, Sonia Marolany, Sylvie Rotger, Andrée Giroux, Nathalie Carisey, Yannick Bidon, Gwenaëlle, Anne-Claire Dolivet, Sandra Pédurthe, Romain Lengagne, Alexis Poupart, Evelyne Duhappart, Alex Zéni, Antoine Maestracci, Océane Beaufort, Max Sebe, Julien Athanase, Eric Delcroix, Léa Daures, Sophie Le Loc’h, Alain Goyeau, Claire Jeuffroy, Pierre Cahanier, Armelle Masson, Mélodie Caussat, Sophie Jacquin, Bruno Timmermans, Magalie Vanier.

Ce programme de suivi scientifique sur les tortues marines en alimentation est pratiqué par des personnes formées et disposant d’autorisations administratives pour l’approche et la photographie des tortues marines. Nous rappelons que les tortues marines sont des espèces protégées et que toute forme de dérangement est interdite.

KAP NATIREL -Emilie Higuero

Charte pour un éclairage raisonné en faveur des tortues marines

Dans les années 1980, le terme de « pollution lumineuse » était utilisé par les astronomes pour désigner la gêne causée par la lumière lors de leurs observations, on parlait alors de photopollution. Aujourd’hui, ce terme désigne la dégradation de l’environnement nocturne au sein de multiples disciplines dont la médecine, la biologie, la sociologie ou encore l’aménagement. En 2009, la pollution lumineuse a été législativement définie et reconnue comme une nuisance par le Grenelle I de l’environnement : « Les émissions de lumière artificielle de nature à présenter des dangers ou à causer un trouble excessif aux personnes, à la faune, à la flore ou aux écosystèmes, entraînant un gaspillage énergétique ou empêchant l’observation du ciel nocturne feront l’objet de mesures de prévention, de suppression ou de limitation ».

Lorsqu’elles regagnent la mer après avoir pondu, les femelles de tortues marines s’orientent en suivant l’horizon le plus lumineux, qui correspond en conditions naturelles à la mer, notamment du fait de la réverbération de la lune et de la blancheur de l’écume. Il en va de même pour les tortillons qui sortent du nid. Or, lorsque des éclairages inadaptés sont positionnés sur la plage ou à ses abords, les femelles et nouveau-nés suivent parfois ces sources lumineuses et se dirigent donc dans la mauvaise direction. Lors de ces désorientations, ils s’exposent à différents dangers tels que la déshydratation, la prédation ou la collision avec des véhicules. Outre ce phénomène de désorientation, les tortues sont sensibles aux lumières « blanches » et le dérangement occasionné peut les conduire à déserter purement et simplement un site de ponte.

Partant de ce constat, l’ONCFS a réalisé en 2014 le diagnostic de 114 plages guadeloupéennes dont 55 se sont révélées présenter des problématiques d’éclairage. Afin d’accompagner les gestionnaires de ces sites dans le cadre d’aménagements futurs est né le projet d’une charte consistant en une collaboration accrue des différents acteurs concernés. Cette charte a été signée le 24 juillet 2015 entre le Syndicat Mixte d’Electricité de Guadeloupe, l’Association des Maires de Guadeloupe et l’ONCFS, coordinateur du Plan de Restauration des Tortues Marines de Guadeloupe. Elle pose les principes d’un éclairage raisonné et donne des pistes techniques pour y parvenir. Gageons que ce partenariat permettra de préserver sur le long terme le littoral guadeloupéen et sa capacité d’accueil pour la ponte des tortues marines.

 

L’ONCFS tient à remercier vivement le Syndicat d’Electricité de Guadeloupe ainsi que l’Association des Maires de Guadeloupe en qui il a trouvé des partenaires dynamiques et sensibles aux enjeux environnementaux de notre archipel.

Nous remercions aussi chaleureusement les nombreux bénévoles du réseau qui sont régulièrement amenés à gérer sur le terrain des tortues en difficulté. Nous leur devons la connaissance en temps réel des problématiques de chaque plage.

 

Thomas Delhotal – ONCFS

La Fibropapillomatose des tortues marines en Guadeloupe

La Fibropapillomatose est un virus de la famille des herpès qui se propage en proportion épidémique sur plusieurs espèces de tortues marines à travers le monde. Décrite pour la première fois sur une tortue verte (Chelonia mydas) en Floride en 1938 (Smith et Coates 1938), la maladie se détecte par l’observation macroscopique de masses cutanées bourgeonnantes qui, selon leur localisation et leur ampleur, peuvent provoquer la mort des tortues.

Tortue verte morte en mars 2008 dans la baie du bourg de Bouillante et présentant des tumeurs dans les régions axillaires et inguinales, le cou et les yeux (photos Association Evasion Tropicale)

Dans les Caraïbes, l’expansion brutale de la maladie sur les tortues vertes survient au milieu des années 80, soit 5 ans après les épizooties survenues à Hawaï et en Floride (Williams et al. 1994). A Hawaï, le taux de tortues vertes atteintes de Fibropapillomatose est en effet passé de 26% à 53% en 10 ans. La gestion de la maladie en Guadeloupe apparaît donc primordiale. Un rapport faisant l’état des lieux des connaissances au niveau mondial et de la maladie en Guadeloupe a été commandé et financé par l’ONCFS.

En Guadeloupe, la maladie touche essentiellement la population de tortues vertes s’alimentant sur les herbiers de la Baie de Malendure. Sur ce site, l’Association Evasion Tropicale (AET) mène un suivi scientifique depuis 2003. Ces travaux révèlent une nette augmentation depuis 2011 du nombre de tortues vertes observées dans la baie (158 individus sont identifiés à ce jour) et un premier cas de Fibropapillomatose détecté en 2003. Le suivi individuel de chaque tortue par photographie des écaillures depuis la surface a permis de suivre l’évolution de la maladie. Entre 2012 et 2014, le nombre de tortues vertes atteintes de Fibropapillomatose est ainsi passé de 12.8% à 15.7%. Dans de nombreux cas (48% des cas), on observe une progression de la taille et du nombre de tumeurs au cours du temps.

Cas d’une évolution rapide de la maladie chez une tortue verte entre mai (à gauche) et octobre 2013 (à droite) (photos Association Evasion Tropicale)

Chez certains individus en revanche (24% des cas), la maladie régresse naturellement.

Cas d’une régression de la maladie chez une tortue verte entre avril 2013 (à gauche) et mai 2014 (à droite) (photos Association Evasion Tropicale)

Enfin, à un stade avancé de la maladie, l’activité des tortues est ralentie et leur carapace se couvre peu à peu d’algues.

L’individu 1007, observé en 2012 avec de grosses tumeurs à l’arrière du corps et dans les yeux, est retrouvé mort l’année suivante, pris accidentellement dans un filet . Le développement d’algues sur sa carapace témoigne de sa faible activité (photos Association Evasion Tropicale)

Depuis 5 ans, la Baie de Malendure connaît un accroissement de la fréquentation touristique et locale, générant une augmentation des nuisances sonores, des déchets plastiques et des polluants. L’écoulement récurrent des eaux usées et le ruissellement des eaux de pluie, associés à la croissance de l’urbanisation et de l’exploitation des alentours de la plage, à la colonisation de la zone d’alimentation des tortues par un herbier invasif, aux cultures adjacentes…, pourraient également être des facteurs de l’expression et/ou de la transmission de la maladie.

Le rapport complet produit dans le cadre de l’étude de l’Association Evasion Tropicale sera prochainement disponible sur le site du RTMG.

Juliette Lainé – Association Evasion Tropicale

La tortue verte « LOLO » rejoindra la mer le vendredi 14 août, plage de Clugny à Sainte Rose

Soignée depuis le 25 mai dernier au Centre de Soin des Tortues Marines de la Guadeloupe, la Tortue Verte surnommée « Lolo » sera remise à la mer le vendredi 14 août.

Recueillie par un pêcheur, la tortue avait avalé un hameçon et a dû être opérée par le vétérinaire référent du Centre de Soin. Après plusieurs semaines de convalescence, la tortue va enfin pouvoir rejoindre son milieu naturel.
Pour l’occasion, l’ONCFS, le Réseau Tortues Marines et l’équipe d’IGREC MER responsable du Centre de soin et l’association Le GAIAC proposeront sur la plage de Clugny des stands et animations autour des espèces marines. Une manière de sensibiliser le public à la fragilité et à la sauvegarde de ces espèces marines protégées.

Venez nous rejoindre le vendredi 14 août, rendez-vous à 13H30 plage de Clugny, Sainte-Rose.

Pour tout complément d’information :
Antoine Chabrolle 06 90 740 381 Antoine.chabrolle@oncfs.gouv.fr

Mariane Aimar 06 90 550 572 mariane@ecoledelamerguadeloupe.com

 Antoine Chabrolle – ONCFS

SEATAG : Pose de deux balises Argos à Saint-Martin

Le 15 juin 2015, deux jeunes tortues vertes (JOE & SASHA) ont été équipées de balises de suivi satellitaire sur l’île de Tintamarre à Saint-Martin. Cette opération, réalisée en partenariat entre la Réserve Naturelle de Saint-Martin, l’association Kap Natirel, la Réserve Naturelle des îlets de Petite-Terre et l’ONCFS, clôture le programme SEATAG 2013-2015, qui aura permis la pose de balises Argos sur 7 tortues vertes en alimentation, réparties sur trois sites d’études (Baie de Bouillante, Réserve Naturelle des îlets de Petite Terre et Réserve Naturelle de Tintamarre).

La zone d’alimentation des tortues vertes située au cœur de la Réserve Naturelle de Tintamarre est un site d’étude idéal pour suivre les déplacements des jeunes tortues vertes au sein même de la réserve, pour comprendre les zones d’occupation diurnes (zones d’alimentation) et nocturnes (zones de repos) ainsi que les interactions avec d’autres sites d’alimentation sur Saint-Martin, Anguilla voire plus loin.

Prévues pour fonctionner près d’un an, les balises recueillent également des données sur la température de l’eau, les profondeurs et temps de plongé des tortues.

Depuis le début des suivis satellitaires des jeunes tortues vertes, initié en 2010, il s’agit de la 8ème et de la 9ème balise posée en Guadeloupe (y compris Saint Martin).

Pour suivre JOE

Pour suivre SASHA

 

Antoine Chabrolle – ONCFS

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Formation des écovolontaires à Marie-Galante

Du 5 au 7 juin 2015 a eu lieu le traditionnel week-end de formation à Marie-Galante organisé par l’ONCFS. Destiné aux nouveaux bénévoles ainsi qu’aux initiés désirant se recycler aux suivis nocturnes des pontes et à l’interprétation des traces au petit jour. Quelques-uns auront également appris à baguer une tortue, un geste technique et délicat mais essentiel pour pouvoir étudier les populations de tortues sur la durée. Outre le plaisir et l’émerveillement de parcourir les plages de Marie-Galante et d’assister à des pontes, ce fut également l’occasion d’apprendre les comportements à adopter pour étudier et protéger les tortues tout en respectant leur tranquillité. Sans oublier la patience, car si elles peuvent s’avérer étonnamment rapides, les tortues savent aussi faire honneur à leur réputation de lenteur en passant parfois des heures à chercher le meilleur endroit pour déposer leurs œufs. Les 8 personnes ainsi formées disposeront d’autorisations préfectorales nécessaires aux suivis scientifiques des tortues marines.

Thomas Delhotal – ONCFS

 

Une tortue luth sauvée par un pêcheur à Trois-Rivières

Jeudi 25 mai 2015, vers 6 heures du matin, une tortue luth adulte (la plus grosse des espèces fréquentant nos plages et nos eaux) est découverte à proximité de l’embarcadère de Trois-Rivières, prise dans un mouillage. La corde et un bout de chaîne l’entravent au niveau d’une de ses grandes nageoires antérieures.

Le Réseau Tortues Marines de Guadeloupe est contacté via l’association Evasion Tropicale (AET), permettant la mobilisation rapide de trois membres de l’association Kap Natirel. A leur arrivée, la tortue est en train de repartir, libérée du cordage.

Ce sauvetage a été réalisé par Monsieur Labbé, pêcheur et apnéiste, qui a retiré avec précaution les liens, prenant soin de ne pas blesser davantage l’animal lacéré et fatigué. Il a renseigné l’association sur le fait que l’animal n’était pas bagué.

Merci à lui pour cette intervention rapide, qui a peut-être évité à la tortue de s’asphyxier et se blesser davantage.

En Guadeloupe, une dizaine de cas d’empêtrements de tortues luth dans des casiers ou cordages ont été documentés ces dernières années. Peut-être celle-ci cherchait-elle à rentrer dans la baie pour pondre sur la petite plage proche de la jetée, mais s’est coincée sur le chemin.

La saison des pontes de tortues luth (mars-juin) se termine doucement en sud Basse-Terre, mais il reste des femelles dans le secteur.

En cas de découverte de tortues en difficulté, merci de contacter le 06 90 74 03 81 (ONCFS).

* la manipulation des tortues marines, espèces protégées depuis 1991 en Guadeloupe, nécessite une autorisation nominative.

 

Sophie Bédel – Kap Natirel

Lolo, une tortue verte opérée

Le Centre de Soins de l’association Igrec Mer, hébergé à l’Aquarium de Guadeloupe, a recueilli le 29 mai dernier une jeune tortue verte de 2,9kg.

Cette juvénile a été amenée au centre par un pêcheur de Pointe Noire qui la récupérée au bout de sa ligne. Après avoir coupé la ligne, il n’a malheureusement pas pu récupérer l’hameçon.

La tortue a rapidement été vue par le vétérinaire référent du centre, qui a pu mettre en évidence l’hameçon par une radio. La tortue ayant un bon comportement, il a été décidé d’attendre avant de prendre la décision d’opérer. En effet, ce genre d’opération (une entérotomie) n’est jamais anodin et il arrive que les tortues expulsent les hameçons par voies naturelles. Cependant, après 15 jours d’observation et de suivi par le vétérinaire, ne voyant pas d’évolution significative, l’opération a été effectuée. Après 3/4h d’intervention, l’objet a finalement été retiré avec succès.

Plus de 15 jours après, la tortue, baptisée Lolo, a bien récupéré. Les sutures de l’opération cicatrisent bien, elle évolue dans son bac de convalescence de manière naturelle et mange avec beaucoup d’appétit.

Cette jeune tortue va pouvoir retrouver rapidement son milieu naturel.

Amélia Chatagnon – IGREC MER