Saison de pontes 2016, c’est parti !!!

Depuis le premier mars, la saison de pontes des tortues marines en Guadeloupe a « officiellement » commencé, et s’achèvera au 31 octobre.

La tortue Luth Dermochelys coriacea, la tortue imbriquée Eretmochelys imbricata et la tortue verte Chelomydia mydas sont les trois espèces qui pondent sur nos plages, mais à différentes périodes au cours de la saison.

Comme souvent, ce sont les plages préservées de la réserve naturelle de Petite Terre qui ont accueillies les premières pontes de l’année, avec des traces de pontes de tortues vertes.

Depuis début avril, des pontes de tortues Luth ont été notées sur les plages favorables à cette espèces.

Nous attendons toujours la première ponte de tortue imbriquée. Les traces des premières femelles devraient être observées à partir de fin mai.

A raison d’une à plusieurs fois par semaines suivant les plages, les bénévoles du RTMG regroupés au sein de plusieurs associations réparties sur le territoire de l’archipel, assurent le suivi de pontes des tortues marines sur les plages.

Les bénévoles réalisent de jour des comptages des activités des tortues marines sur plus de 80 plages de Guadeloupe. Ils effectuent également des suivis nocturnes, à la recherche des femelles en ponte. Ils auront d’ailleurs peu être le plaisir de re-croiser des femelles de tortues déjà baguées. Ces personnes bénéficient d’autorisations administratives qui leur permettent de réaliser ces suivis scientifiques.

Les données recueillies permettent entre autre d’estimer la population de femelles en ponte dans notre archipel, et de suivre individuellement certaines femelles porteuses de bagues d’identification.

 

Antoine Chabrolle – ONCFS

Pour mieux comprendre le travail des bénévoles du RTMG, je vous invite à visionner le reportage d’ATV Guadeloupe réalisé début avril.

(Cliquez sur la photo pour lancer la vidéo)

Repaortage ATV avril 2016

Repas de convivialité du RTMG

Grande famille de passionnés des tortues marines, les acteurs du réseau tortues marines n’ont pas souvent l’occasion de se réunir ensemble pour partager leurs expériences et anecdotes de rencontre avec ces espèces fascinantes. Répartis sur l’ensemble du territoire, au sein des différentes associations, les bénévoles ont eu l’occasion de se réunir au cours d’une journée de convivialité organisée le 17 janvier sur la plage de Cluny.

Près de 30 passionnés venus en famille ont ainsi pu se retrouver sur cette plage dans un autre contexte que celui des suivis scientifiques qu’ils réalisent chaque année.

Après avoir partagé un repas, nous avons pu échanger sur la préservation des tortues marines en Guadeloupe et proposer certaines actions à mener en 2016, année des 25 ans de protection des tortues marines.

La coordination tient à remercier les participants pour cette belle journée de convivialité.

 

Antoine Chabrolle – ONCFS

Nouvelle étude sur les tortues verte en cours à Petite Terre

Au début du mois de décembre, une étude sur les tortues vertes (Chelonia mydas) a débuté à Petite-Terre. Elle est réalisée par Léa Lange, dans le cadre de sa deuxième année de Diplôme Universitaire de +Césure et de son master en Comportement Animal et Humain de l’Université de Rennes 1.

L’association Titè et l’ONF, co-gestionnaires de la Réserve, souhaitaient approfondir leur suivi des populations de tortues marines en alimentation présentent dans le lagon de Petite-Terre. Le protocole mis en place a été discuté entre la Réserve, l’association Titè et Eric Delcroix (chargé de mission de l’association Titè et encadrant de la stagiaire) et permettra d’étudier la fidélité des tortues marines à leur(s) site(s) d’alimentation. Les tortues vertes sont herbivores et fréquentent donc en majorité les herbiers marins au cours de la journée. L’objectif du protocole est de déterminer si les tortues vertes du lagon présentent des préférences au niveau individuel pour certaines zones du lagon. Est-ce que tel individu favorise plus telle zone du lagon plutôt qu’une autre ?

Pour cela, le lagon est prospecté régulièrement en Palme-Masque-Tuba. A chaque tortue rencontrée, sa tête et plus précisément les écailles situées sur ses joues sont photographiées. Ces écailles diffèrent d’une tortue à une autre et permettent alors une identification de l’individu. Il s’agit en fait d’un protocole de photo-identification. Lors de ces rencontres, la localisation GPS, le type de sol sur lequel la tortue est située, la taille, le sexe, le comportement au moment de la détection, la réaction à l’approche ainsi que la visibilité dans l’eau sont notés. Les données comportementales serviront à étudier l’impact que le protocole pourrait avoir sur le comportement des tortues.

En parallèle, un protocole permettant de déterminer l’effectif de la population présente dans le lagon a été optimisé à son échelle pour obtenir un résultat le plus fiable possible. Il consiste à parcourir le lagon en réalisant des transects, c’est à dire des trajets fixes partant d’un point A vers un point B, matérialisés par des flotteurs colorés. Au cours de ces transects, toutes les tortues rencontrées sont décomptées.

Enfin, un troisième et dernier protocole cherche à déterminer le degré d’impact que peuvent avoir le tourisme et les suivis scientifiques sur le comportement des tortues. Pour cela, des caméras sont disposées dans le lagon pour filmer les tortues en notre absence. Les vidéos ainsi obtenues seront ensuite comparées à des vidéos prises en notre présence.

Les résultats de ce suivi seront communiqués courant Juin 2016.

Léa Lange – TITE

Retrouvez toutes l’actualité des réserves naturelles de la Désirade et des Iles de Petite Terre

 

Elle fait son show

Une palanquée évoluant sur les tombants des ilets Pigeons ont eu le plaisir de croiser la nage d’une jeune tortue imbriquée. A leur rencontre, cette dernière se mis sur le dos, tout en continuant à nager à proximité des plongeur, avant de reprendre une position plus naturelle et de s’éloigner progressivement.

Difficile d’interpréter l’attitude de cette tortue !

Elle a en tous cas fait la joie de ses spectateurs.

D’après les plongeurs expérimentés, les cas d’observations de « nage sur le dos » de tortues marines semblent très rares.

Merci à Sophie Bedel pour le partage de ce comportement inhabituel et surprenant.

Antoine Chabrolle – ONCFS

 Ci-dessous les images extraites d’une vidéo réalisée par Damien de Fays.

Abacos et Andros ont retrouvé la mer !

Ces deux petites juvéniles de tortues vertes ont passé plus de deux mois en rétablissement au Centre de Soins de l’Aquarium de la Guadeloupe.

Abacos est arrivée le 7 décembre à l’Aquarium. Ramenée par un particulier, elle a été retrouvée désorientée dans un jardin. Un peu faible, elle avait des petites égratignures et les yeux très abîmés.

Andros, arrivée le 2 janvier, a été retrouvée avec une patte amputée, mais avait un bon état général.

Après quelques semaines de soins, Abacos a prit 3,3 cm et presque 50g, ses yeux se sont rétablit et elle a bien récupéré. Andros a prit 3,9 cm et 80g. Sa patte a également très bien cicatrisé et elle se déplace sans aucuns problèmes.

Elles ont pu rejoindre leur milieu naturel à la fin du mois de mars, entourées des enfants de l’Ecole de la Mer.

IGREC MER – Amélia Chatagnon

Le RTMG présent au 12ème anniversaire de la semaine de l’Environnement

Les 5, 6 et 7 novembre dernier, une dizaine de bénévoles du RTMG se sont mobilités pour tenir un stand à l’occasion de la semaine de l’environnement qui se déroule depuis 12 ans à Destreland.

Co-organisée par le Comité du Tourisme des Iles de Guadeloupe, cette manifestation est l’occasion de sensibiliser les Guadeloupéens, sur les tortues marines et les actions menées par les acteurs du RTMG, en faveur de la protection de ces espèces protégées. Les journées du jeudi et du vendredi voient l’afflux de nombreuses classes d’élèves de la commune de Baie Mahault qui envahissent les stands armées de questions et de soifs de découvrir.

Tout juste le temps de finir le « jeux de la tortues » présentant les différentes menaces, qu’une autre classe arrive… Les silhouettes en bois à taille réelles, impressionnent élèves et professeurs.

La journée du samedi permet la rencontre de nombreuses familles et de revoir certains élèves qui n’ont pu finir les jeux mis à disposition les jours précédents.

Cette semaine permets également de susciter des vocations chez ces jeunes naturalistes en herbes.

 

Un GRAND MERCI aux bénévoles Aude, Jacky, Claude, Michel, Eric, Jade, Eliane, Cindy et Romain qui ont animé le stand du RTMG durant ces trois journées.

 

ONCFS – Antoine Chabrolle

Veille sur le commerce ou la détention de tortues marines en Guadeloupe

Début novembre dernier, la coordination est alertée par des acteurs du RTMG, suite à la mise en ligne sur le site de vente par internet le « bon coin », d’une annonce concernant la vente en Guadeloupe, de deux tortues marines naturalisées.

Le Service Mixte de Police de l’Environnement – SMPE, constitué d’agents de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et de l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques, est aussitôt mobilisé pour une intervention.

Les deux tortues (une verte et une tortue imbriquée), d’une trentaine de centimètres chacune, ont été saisies dans le cadre d’une procédure judiciaire pour « mise en vente ou vente d’espèce non domestiques protégées ».

Depuis 1991, les tortues marines sont protégées en Guadeloupe par un arrêté ministériel interdisant notamment leur vente dans sont article 1er .

Art 1er : Sont interdits dans le département de la Guadeloupe et en tout temps la destruction ou l’enlèvement des oeufs et des nids, la mutilation, la destruction, la capture ou l’enlèvement, la naturalisation ou, qu’ils soient vivants ou morts, le transport, le colportage, l’utilisation, la mise en vente, la vente ou l’achat de spécimens des espèces de tortues marines.

De plus, les tortues marines sont inscrites depuis 1981, à l’annexe I de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (appelée également convention de Washington) , ratifiée par la France en 1978. Celle-ci encadre le commerce international (import, export, vente, achat, etc.) des espèces mais également de tout produit en étant dérivé (carapace, œufs, bijoux en écaille, etc.).

Comme dans le présent cas et pour bien d’autres saisies, les propriétaires ou les vendeurs ont parfois une mauvaise connaissance de la réglementation en vigueur.

Concernant les tortues marines, les infractions commises sont passibles d’une peine d’amende de 15 000 euros et d’un an d’emprisonnement (Art. L 415-3 du Code de l’Environnement).

Il en est de même pour toute personne détenant tout ou partie d’une tortues marines (une carapace par exemple) dont l’origine est postérieure à la mise en place de la réglementation nationale.

Souvent mobilisés sur des thématiques de prélèvement ou de détention sans autorisation, de vente ou d’achat d’espèces protégées, les agents du SMPE sont déjà intervenu dans une dizaine d’affaires concernant les tortues marines, permettant la saisie de cranes de tortues, de carapaces, d’œufs, de tortues naturalisées, etc.

La destination de ces saisies relève du pouvoir judiciaire qui peut les détruire, les destiner à la recherche ou encore les céder à un musée autorisé.

A. Chabrolle & D. Rozet – SMPE

Formation sur l’autopsie des tortues marines

Le 21 octobre dernier, plus d’une vingtaine d’acteurs du RTMG se sont réunis dans les locaux du Service Mixte de Police de l’Environnement de Guadeloupe afin d’y suivre une formation sur les échouages des tortues marines.

Cette formation a été assurée bénévolement par Evva Jolt, Docteur vétérinaire référent du centre de soins des tortues marines hébergé à l’aquarium de Guadeloupe, et Jean-Marie Pellicart, Docteur vétérinaire reconnu et engagé dans de multiples structures parmi lesquels divers centres de sauvegarde de la faune et le Réseau Tortues Marines de Méditerranée Française.

La formation a débuté par une partie théorique traitant, d’une part, de la gestion des échouages sur le terrain et, d’autre part, des diverses affections, maladies et syndromes dont peuvent souffrir les tortues marines, qu’ils soient d’origine naturelle ou anthropique.

La formation s’est ensuite poursuivie par une partie pratique durant laquelle trois tortues ont été autopsiées par les deux vétérinaires sous le regard attentif des participants. L’obtention de ces trois cadavres morts dans des filets de pêche a été rendue possible par la collaboration active des pêcheurs professionnels et du Comité des Pêches. Cette approche pratique est essentielle pour bien comprendre les spécificités morphologiques et anatomiques des tortues marines et ainsi apprécier au mieux les causes de mortalité probables des individus échoués.

Cette rencontre, première du genre en Guadeloupe, a donné lieu à de nombreux échanges entre passionnés et permis d’initier une réflexion sur la mise en place d’un protocole qui valoriserait l’engagement des nombreux bénévoles du RTMG pour le recueil d’informations cliniques lors des échouages.

 

Nous tenons à remercier Jean-Marie Perricart et Evva Jolt pour le partage bénévole et pédagogue de leurs précieuses connaissances et expériences. Nous remercions également Marie-France Bernard du Comité des Pêches et les pêcheurs professionnels pour nous avoir fourni les cadavres de tortues ainsi que l’ensemble des participants pour leur intérêt et leur disponibilité.

 

ONCFS – Thomas Delhotal

 

Actualisation des sites de pontes

Le dernier recensement des sites de pontes de tortues marines en Guadeloupe datait de 2012. Une mise à jour a donc été entreprise en 2015 afin de prendre en compte l’évolution de certains sites. Celle-ci s’est d’abord effectuée sur la base d’une consultation des référents secteurs du RTMG, premiers acteurs de terrain sur lesquels repose la connaissance en temps réel des sites. Une analyse des activités de pontes recensées ces dernières années a permis de compléter cette consultation.

Parmi les faits notables de cette actualisation, notons :

  • L’important travail de la Réserve Naturelle de Saint-Martin pour la réalisation d’un Atlas des sites de ponte de Saint-Martin, dont les résultats ont pu être pris en compte lors de cette actualisation ;
  • La prise en compte également nouvelle des données disponibles pour Saint-Barthélémy, rendue possible par la collaboration de l’Agence de l’Environnement de Saint-Barthélémy.
  • La découverte d’un « nouveau » site de ponte à Terre-de-Bas des Saintes. La plage de Petite Anse a en effet accueilli au moins une ponte de tortue verte en 2015 ;

Au total, l’actualisation de 2015 fait état de 190 sites de pontes de tortues marines dont 159 se trouvent sur la Guadeloupe « continentale » et ses dépendances (La Désirade dont Petite-Terre, Marie-Galante et Les Saintes) tandis que Saint-Martin et Saint-Barthélémy en comptent respectivement 20 et 11. Il convient néanmoins de préciser que certains sites ne font pas l’objet de suivis réguliers et que leur statut comme site de ponte (ou non) est donc susceptible d’évoluer au fil du temps.

Au-delà de ces simples chiffres, la connaissance des sites de ponte constitue un outil primordial pour l’accompagnement des collectivités dans la gestion du littoral.

 

Qu’est-ce qu’un site de ponte ?

La littérature scientifique dit que « sera considéré comme site de nidification pour les tortues marines toute surface où au moins une femelle d’une espèce quelconque de tortue marine a pondu dans des temps historiques » (Girondot et Fretey, 1996). Sans remettre cette définition académique en question, il convient d’admettre qu’elle trouve certaines limites dans une approche pratique et réglementaire de gestion des sites. A cet égard, il nous apparait plus pertinent d’avoir une vision des sites qui soit plus actuelle qu’historique. Ainsi, nous ne considèrerons pas comme site de ponte une plage qui a été – hélas – totalement détruite et bétonnée et n’est donc plus en mesure d’accueillir des pontes. De même ne sera pas considéré comme site de ponte un banc de sable apparaissant de manière ponctuelle à la faveur d’une marée et disparaissant intégralement avec la suivante, aucune ponte n’y étant viable. En revanche, une plage pourra être considérée comme site de ponte même si elle n’a pas accueilli de ponte depuis plusieurs années, dès lors qu’elle présente tous les atouts nécessaires à la ponte (accessibilité, habitats favorables…).

 ONCFS – Thomas Delhotal

 

Colloque 2015 du Groupe Tortues Marines France

Du 8 au 10 septembre 2015 a eu lieu à Paris le deuxième colloque national sur les tortues marines. Organisé par le Groupe Tortues Marines France sous la coordination du Muséum National d’Histoire Naturelle, celui-ci fait suite à la première édition de 2010. Ces rencontres ont pour but de mutualiser les savoirs et savoir-faire ayant trait à l’étude et à la protection des tortues marines sur l’ensemble du territoire national (métropole et outre-mer) en rassemblant de nombreux acteurs issus d’organismes institutionnels, associatifs ou privés.

Ce sont ainsi quelques 150 participants venus de toute la France et d’ailleurs, parmi lesquels des chercheurs, des gestionnaires et des vétérinaires, qui se sont rassemblés pour cette deuxième édition. Avec près d’une dizaine de participants, le Réseau Tortues Marines de Guadeloupe était bien représenté et a pu contribuer aux échanges sur des sujets aussi variés que la pêche, la santé des tortues ou encore l’étude des populations de tortues marines et la protection de leurs habitats.

Au fil des sessions plénières et ateliers de travail qui ont eu lieu durant ces trois jours, diverses actions du RTMG ont fait l’objet de présentations spécifiques : lutte contre les captures accidentelles par la pêche (Marie-France Bernard, Comité des pêches), mise en place de la photo-identification (Emilie Higuero, association Kap Natirel), état des lieux de la fibropapillomatose en Guadeloupe (Juliette Lainé, Association Evasion Tropicale), gestion de la pollution lumineuse (Eric Delcroix, association Titè / Antoine Chabrolle, ONCFS). Plusieurs posters ont également été affichés dans la Maison des Océans qui accueillait le colloque : bilan de suivi des populations de tortues marines des Réserves Naturelles Nationales de Petite-Terre et de Saint-Martin, suivi satellitaire des tortues vertes de l’archipel Guadeloupéen.

Outre ces communications sur les actions du RTMG, ce colloque fut surtout l’occasion de bénéficier de retours d’expérience obtenus tout autour du globe. Riches d’enseignements, ces regards croisés devraient permettre d’améliorer les pratiques de gestion, de suivi, et donc la protection des tortues marines fréquentant les eaux et plages françaises.

Thomas Delhotal – ONCFS