La réserve naturelle de Saint-Martin s’investit pleinement dans le plan de restauration

Depuis 2008, avec l’arrivée de la chargée de missions scientifiques, et la validation du plan de gestion en 2009, la RNN de Saint-Martin s’est engagée aux côtés des autres membres du RTMG en faveur de la protection des tortues marines et de leurs habitats.

En 2009, un suivi des pontes de tortues marines était mis en place sur les sites classés en réserve ainsi que sur des plages ayant été identifiées, après diagnostic, comme site important de pontes. Ce suivi, basé sur un protocole de comptages traces, était réalisé sur une dizaine de sites par les agents de la réserve naturelle. L’année suivante, la RNN a œuvré à la création d’un réseau de bénévoles pour lui venir en aide dans cette mission précise, afin de garantir la pérennité du suivi sur l’ensemble des sites couverts. En 2010 et 2011 ce sont ainsi une quinzaine de bénévoles qui ont été formés et accompagnés dans la mise en œuvre du protocole. Ce suivi a permis de montrer que l’activité de ponte sur Saint-Martin était relativement importante (112 traces en 2009, 121 en 2010) notamment sur les sites de Tintamarre et des Terres Basses.

En parallèle, la RNN a formé les clubs de plongée de la partie française au protocole INASCUBA de suivi des tortues en alimentation. Sur les 8 clubs formés par la RNN, deux s’impliquent activement dans ce suivi et permettent d’affiner les connaissances sur la fréquentation des sites de plongée par les tortues marines.

La RNN travaille conjointement avec Nature, le gestionnaire du Marine Park côté hollandais : les deux AMP ont soumis un projet commun à Earthwatch project pour standardiser les protocoles et optimiser les suivis.

En mars 2011, la RNN a présenté à la Collectivité et à la Préfecture, avec l’aide d’Eric Delcroix de l’ONCFS, son diagnostic des sites de ponte qui avait débuté mi-2008.

Pendant un an, la chargée de missions scientifiques a arpenté l’ensemble des plages de la partie française afin de leur attribuer une note habitat selon différents critères (couverture végétale, présence de lumière, de constructions, tassement du sable). Des préconisations d’aménagement ont également été rédigées pour accompagner ce diagnostic de l’état des plages de Saint-Martin en tant qu’habitat des tortues marines. Ce travail a permis à la RNN d’être intégrée au COPIL de la rédaction du nouveau PLU de la Collectivité. Par ailleurs les agents de cette dernière ont été informés de l’existence de sessions de formations à l’aménagement des sites de ponte.

Des panneaux d’information sont en cours de réalisation pour être posés sur certains sites considérés comme majeurs.

La RNN a continué son rôle de sensibilisation cette année auprès du grand public lors de l’arrivée massive de sargasses pour prévenir le nettoyage déraisonné des plages. Suite à l’intervention d’un particulier sur un site, la RNN a communiqué dans les quotidiens de l’île sur la nécessité de faire appel à son expertise technique dans ces cas précis, et rappelé que la loi punit les destructions des habitats de tortues marines.

Enfin, comme chaque année depuis 2009, la RNN poursuit son action d’éducation à l’environnement auprès des scolaires, notamment à l’aide des mallettes pédagogiques distribuées par le réseau. En plus des 50h en moyenne d’intervention en classe et/ou sur sites prévues chaque année, la RNN a distribué les mallettes à une dizaine d’établissements scolaires.

A l’occasion des 20 ans de protection des tortues marines, la réserve prévoit, outre ses actions annuelles, la diffusion de films pédagogiques à destination du grand public et des scolaires.

 Pauline Malterre – Réserve Naturelle de Saint-Martin

Le retour des tortues vertes en Nord Basse-Terre

Le 28 août 2010 à 23h30, une tortue verte mesurant un mètre dix de longueur et prénommée « Claire de Lune », arrive sur la plage de Cluny à Sainte-Rose. Sa présence ravie les bénévoles de l’association Le Gaïac en pleine action sur le terrain. « Cela faisait plusieurs années que nous n’avions pas recensé de pontes de tortues vertes sur cette plage » signale Fortuné Guiougou, Président de l’association. En effet, la plage de Cluny est réputée « majeure » pour les pontes de tortues luth mais à moindre mesure pour les autres espèces de tortues marines présentes sur le littoral de Guadeloupe (tortues vertes et tortues imbriquées). Le retour de cette espèce protégée est une satisfaction pour l’ensemble des membres du Réseau Tortues Marines de Guadeloupe. « Nous constatons l’efficacité de nos actions mais aussi de meilleurs succès de pontes grâce aux aménagements réalisés » témoignent Yolande et Patrick Parmentier, bénévoles actifs de l’association le Gaïac. En 2007 des enclos ont été installés par l’Office National des Forêts afin de permettre à la végétation de recoloniser le site. L’objectif était double, créer une barrière végétale entre la route et la plage mais aussi recréer un milieu favorable à l’accueil des tortues vertes et imbriquées car celles-ci privilégient des zones végétalisées pour leurs pontes. Ainsi entre 2010 et 2011, plus d’une dizaine de tortues vertes ont pondu avec succès sur Cluny. L’association Le Gaïac remercie tous ses bénévoles pour leur implication.

 

                                                                                                          Cécile Lallemand – Association Le Gaïac

Le programme officiel des journées Tortues Marines

Du 9 au 12 novembre 2011 nous avons le plaisir de vous convier aux journées Tortues Marines organisées à la médiathèque du Lamentin dans le cadre de l’anniversaire des 20 ans de la protection des tortues marines dans la région Guadeloupe. Le 12 novembre 2011 est le temps fort de ces journées avec notamment l’après-midi dédié au bilan de 20 ans d’actions. Nous vous invitons à découvrir le programme en cliquant ici et surtout à nous rejoindre pour fêter cet évènement comme il se doit.

 

 

 

 

Attaque mortelle de chien : la 2ème tortue imbriquée meurt sur Trois-Rivières

Le mercredi 25 août, la plage de Grande-Anse Trois-Rivières, où se situe le local de l’association Kap Natirel a de nouveau été le théâtre d’une macabre découverte. Une femelle imbriquée, non baguée et mesurant 79 cm de CCL, a été tuée par un ou plusieurs chiens alors qu’elle essayait de pondre, comme cela avait été déjà été le cas fin juillet. La population de tortues marines en nidification sur le site, déjà faible, risque d’être fortement atteinte, si ces attaques de chiens continuaient. Les riverains sont invités à attacher leurs animaux, a minima la nuit en saison des pontes, soit de mars à novembre pour éviter la perte de nouveaux individus, protégés rappelons-le, depuis 20 ans en Guadeloupe.

Sophie Bédel – Association Kap’ Natirel

La nature en fête : une tortue luth monte en pleine journée sur la plage de Grande Anse, Trois-Rivières

Mercredi 18 mai 2011, journée d’ouverture de la Fête de la Nature, une tortue luth a décidé de venir pondre en pleine journée sur la plage de Grande Anse, à Trois-Rivières. L’équipe de Kap Natirel, dont le local se situe sur cette plage, a été prévenue de ce spectacle rare par téléphone dès la montée de la tortue, vers 13h30. Après avoir creusé un premier cylindre, la tortue s’est déplacée à plusieurs reprises sur la plage avant de repartir à l’eau sans avoir pondu. Bien que l’ensemble des personnes présentes soient restées très respectueuses face à cette espèce protégée, leur nombre important a pu déranger la tortue. Juste avant qu’elle ne rentre dans l’eau, un membre de l’association s’est approché de la tortue afin de lire les bagues qui luisaient au soleil (FWI3624, FWI3558). Le baguage est un outil efficace pour obtenir des informations sur les déplacements saisonniers des tortues marines. La tortue, prénommée Gaby, a été baguée le 19 mars dernier en Martinique par nos collègues de l’association Kawan basée au Lorrain. Elle est un bel exemple de « l’infidélité » des tortues luth à un site de ponte dans une même saison.

Ce déplacement entre deux îles éloignées de quelques centaines de kilomètres nous démontre tout l’intérêt du plan de restauration des tortues marines commun aux Antilles françaises.

Lise Pertuisel – association Kap’Natirel

Les marie-galantais s’investissent pour protéger les tortues marines : des idées innovantes, des perspectives intéressantes.

Le célèbre site de pontes de Trois-Ilets bénéficie d’une attention toute particulière de l’ONF, du GEIQ multiservices de Marie-Galante et du Conservatoire du littoral (CdL) en amont de la saison pour protéger les tortues qui viendront y pondre. En 2010, plusieurs tortues se sont retrouvées sur la route jouxtant la plage, certaines se sont égarées et ont pu être remises à l’eau, mais certaines se sont fait écraser. Ce phénomène de désorientation s’est accru par un cordon de végétation altéré par des conditions difficiles (grandes marées, sécheresse, fréquentation,…), la présence d’une route en bitume très proche (en période de grosse lune et surtout lors des pluies la surface de la route devient très lumineuse et est confondue avec la mer) et l’augmentation du nombre de tortues (plus il y a de tortues, plus le risque augmente).

Pour faire face à cette nouvelle menace, l’ONF gestionnaire du site a développé, en partenariat avec le CdL et l’ONCFS, une technique innovante qui permettra de bloquer physiquement les tortues en arrière plage, de les réorienter vers la mer, de limiter la visibilité de la route et de renforcer le cordon de végétation. Cette technique s’appelle les fascines, largement utilisées pour la restauration des berges de rivières, mais se nomme également les gaulettes sur Marie-Galante qui étaient largement utilisées dans l’habitat traditionnel. Jean-Louis Mailland s’est inspiré des gaulettes pour développer une solution pour faire face à la désorientation des tortues.

Actuellement, plusieurs jeunes marie-galantais du GEIQ multiservices encadrés par l’ONF sont en train d’installer l’équivalant de 800m linéaire de fascines construites en partie avec du Saint-Domingue tressé entre des pieux de gommier rouge  (qui prendront racine). Ces travaux devraient être finis pour début mai et sauveront la vie de plusieurs femelles venues pondre.

Cette technique innovante pourra, si elle fait ses preuves (ce qui devrait être le cas), être utilisée sur différents sites comme barrière, enclos de régénération et technique de re-végétalisation. Cette technique contribuera à la lutte contre des espèces végétales invasives, comme l’acacia de Saint-Domingue, grâce à sa valorisation. Le savoir-faire développé par les jeunes marie-galantais pourrait s’exporter sur l’ensemble de la région… Les tortues marines contribueraient-t-elles au développement de nouvelles activités économiques ?

Merci à l’ONF, membre du RTMG.

 

Eric Delcroix – ONCFS

Nouveaux supports de communication pour le RTMG

Le nouveau T-Shirt pour les membres du Réseau est arrivé, il permet d’être identifié sur le terrain lors des suivis sur les plages ou lors d’opérations de sensibilisation. Portons-le pour faire parler de nous et susciter de nouvelles vocations. Un autocollant associé.

Un poster de sensibilisation rappelle la réglementation portant sur les tortues marines et leurs habitats. Ce poster est diffusé massivement par l’association Kap’Natirel et les autres membres du Réseau. Face à une recrudescence du braconnage, une piqûre de rappel n’est pas du luxe.

Un autocollant de sensibilisation destiné aux usagers des plages  afin que les véhicules roulant sur le sable et dans les forêts d’arrière plage, lieux de ponte des tortues marines, ne soient plus que de mauvais souvenirs. De nombreux efforts ont été faits, poursuivons-les.

Supports financés par l’Union Européenne (FEDER), la DIREN, le Conseil Régional et l’ONCFS.