Sauvetage de 2 tortues vertes (témoignage)

Olivier OETTLY et Alan LE BOUT, agents au PNG, nous font partager leur sauvetage :

« Tout commence dans le lagon de Fajou vers 12h15 alors que nous sommes en train de verbaliser un jet ski (interdit en cœur de parc).

Nous recevons un appel de Nadège GANDILHON qui nous signale la présence d’une baleine à bosse en danger dans le Petit Cul de Sac marin au large de Petit Bourg. Nous partons donc pour la zone (40  minutes de trajet) où nous cherchons avec l’Aquarium le cétacé en détresse ; apparemment elle serait prise dans un bout avec des bouées. Pendant cette recherche je vois un objet flottant non identifié d’environ un mètre de diamètre, mais nous décidons de nous concentrer sur la recherche du cétacé et laissons tomber l’ofni. Une demi-heure plus tard le bateau de l’aquarium trouve la baleine et après quelques minutes le bout avec les trois bouées est coupé. La baleine s’en va libérée de son fardeau flottant.

Nous retournons alors vers Pointe à Pitre et coup de chance malgré la mer formée j’aperçois à nouveau l’ofni, il s’agit d’un filet de pêche abandonné et enroulé sur lui même avec heureusement quelques petits flotteurs maintenant le tout en surface.

Détail qui compte puisqu’une tortue verte était piégée dans ce filet par sa nageoire avant droite, les flotteurs ont donc empêchés la noyade.

Malheureusement le filet a fait un garrot à la base de sa nageoire, le reste a nécrosé et était déjà tombé quand nous l’avons récupérée. Néanmoins très vivace nous décidons de l’amener au centre de soin basé à l’aquarium. En chemin nous croisons la gendarmerie qui a également trouvé une tortue verte qui elle était très affaiblie. Nous voilà donc avec deux spécimens dans le bateau que nous déposons quelques minutes plus tard au centre de soin. »

 Propos d’Olivier recueillis par Eric DELCROIX

 

Les deux tortues vertes sont toujours au centre de soin, le soigneur et le vétérinaire sont optimistes quant aux chances de réhabilitation des animaux et à leur remise en milieu naturel.

 

Remise à la mer de deux jeunes tortues imbriquées après 3 mois de détention illégale

Mercredi 11 janvier 2012, deux jeunes tortues imbriquées ont été remises à la mer depuis la plage de Viard (Petit-Bourg). Cette remise à la mer a été faite par l’Aquarium qui héberge le centre de soin et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui coordonne le programme.

Ces deux tortues ont été récupérées dans un radeau de sargasses au large de Petit-Bourg en septembre 2011 et détenues en captivité pendant 3 mois en bassine chez des particuliers. Le 14 décembre ces deux tortues ont été amenées à l’Aquarium pour une prise en charge.

Les tortues ont eu le temps de développer des carences, l’une d’elle présente des déformations importantes de la carapace et elles se sont surtout habituées aux humains pour manger. Les soigneurs du centre de soin ont pendant 1 mois travaillé pour déshabituer les tortues marines de l’homme et les amener à chercher leur nourriture seules. En forme et considérées comme « autonomes » les tortues âgées de 4 mois ont été remises dans leur milieu naturel afin de reprendre le cycle « normal de leur vie », même si elles auraient déjà dû être à plusieurs centaines de kilomètres de la Guadeloupe.

La détention de tortue marine en captivité est un délit passible de 15 000€ d’amende et d’1 an de prison. De plus, le maintien en captivité de nouveau-nés tortue est néfaste d’un point de vue sanitaire (carence, développement de maladie,…) ce qui compromet leur survie en milieu naturel, voire risque de contaminer leurs congénères. Les tortues nouvellement nées partent pour 1 à 2 ans de voyage en pleine mer, avant de s’établir sur une zone côtière ; empêcher cette migration a des conséquences.

Une tortue lorsqu’elle est en difficulté ou blessée doit être prise en charge par le centre de soin (0590 90 92 38), celui-ci ou des personnes habilitées peuvent être prévenues via les pompiers ou les gendarmes. Il est impératif que les nouveau-nés en difficulté regagnent la mer le plus rapidement, même si elles sont la proie de nombreux prédateurs. En laissant faire la nature, nous donnons plus de chances aux populations de tortues marines de se maintenir et de se renforcer qu’en intervenant de manière trop importante.

 

Plus d’infos sur http://www.tortuesmarinesguadeloupe.org

Captures accidentelles de tortues marines dans les engins de pêche : où en est-on ?

Un problème de longue date

A l’occasion des 20 ans de la protection des tortues marines en Guadeloupe, un bilan des connaissances acquises et des actions en matière de limitation des menaces a été exposé le 12 novembre à la Médiathèque du Lamentin.

Si les populations en mer et en ponte semblent ne plus diminuer à l’échelle de l’archipel, cette bonne nouvelle est nuancée par la fragilité de ce résultat (la faible taille des populations notamment) et la nécessité de poursuivre les efforts d’étude et de protection, si l’on veut espérer maintenir ces espèces autour de l’archipel, notamment parce qu’ il existe toujours des menaces importantes face auxquelles des solutions restent à mettre en œuvre ou à trouver.

Les captures accidentelles dans les filets de pêche représentent la plus importante d’entre elles. Chaque année, on estime à environ un millier le nombre de tortues qui meurent dans ces engins autour de l’archipel et des travaux pour trouver des techniques alternatives sont en cours depuis 2007.

Mais proposer des moyens de réduire l’impact de la pêche sur les populations de tortues marines sans pénaliser les marins-pêcheurs est une démarche complexe qui prend du temps.

En effet, les paramètres à prendre en compte sont nombreux (caractéristiques des engins, lieux de calée, spécificités locales, espèces ciblées, période de l’année…) et il est essentiel de collaborer avec les principaux intéressés (les pêcheurs !) pour proposer des modifications techniques ou réglementaires qui sont acceptables et efficaces sur le long terme.

Suite à l’enquête réalisée en 2003 par Eric Delcroix, l’actuel coordinateur du programme tortues marines (ONCFS), des pêches expérimentales visant la réduction du nombre de captures de tortues marines sans perte de rendement pour les pêcheurs, ont été mises en œuvre en Martinique et en Guadeloupe, dans le cadre de la thèse de Laurent Louis-Jean (OMMM/EPHE Perpignan).

Grâce à ce travail, l’association Kap Natirel qui a réalisé les pêches expérimentales pour la Guadeloupe, a noué des relations privilégiées avec des pêcheurs volontaires  dès 2007. Elles ont conduit notamment à former deux pêcheurs à la manipulation (baguage, mesure et réanimation) des tortues marines, devenus « ambassadeurs » de la question auprès des autres marins-pêcheurs et des instances en charge des orientations relatives à la pêche en Guadeloupe (Affaires maritimes, Comité régional des pêches…).

Forte de ces collaborations, l’association a souhaité poursuivre la réflexion en mettant en place un nouveau projet collaboratif ; les pêcheurs volontaires sont au cœur de l’étude, et remplissent un carnet comptabilisant les tortues capturées par coup de pêche en fonction des engins utilisés et de différents éléments (temps et site de calée). Ce projet pilote a débuté en octobre 2011 et concerne les communes du Sud Basse-Terre pour cette première année.  Il est financé grâce au soutien de la Fondation de France, de la Direction régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale, de la Fondation pour la Nature et l’Homme (Ex- Nicolas Hulot) et le Port Autonome de Guadeloupe.

Un exemple de « l’hécatombe » aux Saintes

Si le problème n’est pas nouveau donc, les récentes captures successives (plus de 20 en quelques semaines) et multiples (jusqu’à 6 individus dans un même filet) aux Saintes depuis octobre ont suscité un vif émoi chez les plongeurs notamment, et une réunion avec les pêcheurs saintois a été envisagée pour le mois de décembre.

Entre temps, constatant les dégâts qu’elle engendrait, un moniteur de plongée, aidé d’un Gendarme de Terre-de-haut ont retiré une folle à lambi, calée sur le site de « La Vierge » le 21 novembre. Ce filet à larges mailles était à l’abandon (absence de bouées de marquage, filet coincé dans le récif) depuis longtemps  au regard de l’état du cadavre de la tortue, permettant sur le plan légal, de le mettre « hors d’état de nuire ». Il faut rappeler que pour ces filets, la réglementation n’impose aucun temps maximal de calée ; ils peuvent donc rester plusieurs jours sans être remontés, et les tortues prises accidentellement n’ont presque aucune chance de s’en sortir.

Dans ce contexte, Kap Natirel a donc été décidé de se rendre aux Saintes (23 et 24 novembre) pour rencontrer les pêcheurs, mais aussi les différents « observateurs du milieu marin », afin de mieux cerner les spécificités locales de la problématique, et préparer au mieux la réunion à venir.

Les échanges ont été riches (pêcheurs, professionnels du tourisme, gendarmes, …) et il semble qu’une majorité de saintois soient déterminés à agir et participer à la réduction de l’impact des folles (les autres types de filets sont, d’après les témoignages, peu problématiques par rapport aux tortues et par ailleurs très peu utilisés aux Saintes).

Entre autres pistes, a été proposé par les pêcheurs notamment:

  • D’interdire les folles à lambi en dessous de 30 m de fond (la bande côtière de 0 à 30 mètres étant privilégiées par les tortues vertes et imbriquées) et/ou sur certaines zones connues pour abriter un nombre important de tortues marines.
  • D’autoriser seulement la pêche en apnée pour le lambi, en contrepartie d’un réajustement et/ou d’une prolongation de la période de pêche
  • De réduire la hauteur des filets et le nombre de flotteurs, pour « coucher » davantage les filets et réduire la surface pêchante en hauteur.

Autant de propositions qui pourront être débattues lors de la réunion avec les deux associations de marins-pêcheurs des Saintes et Eric Delcroix le coordinateur du programme à laquelle l’office de tourisme et les maires des Saintes seront conviés.

Car le constat alarmant de ces dernières semaines s’accompagne a priori d’une bonne nouvelle : d’après les chiffres issus du protocole INAScuba rempli par les clubs de plongée saintois, c’était bien aux Saintes jusqu’à aujourd’hui que l’on rencontrait le plus de tortues en plongée.  Et il est important que ceux qui valorisent cette destination touristique, participent à la réflexion engagée pour que la (légère) tendance à l’augmentation ne s’inverse pas (la semaine du 21 novembre, aucune tortue vivante vue sur les sites par Claire Jeuffroy, monitrice de plongée qui (re)connaît précisément les tortues de chaque site et considère que « depuis début octobre, on en voit seulement 1 sur 5 en moyenne. Moi , j’ai plutôt l’impression que la tendance est à la diminution » conclut-elle).

Ensemble, poursuivons nos efforts !

Merci à tous ceux qui contribuent, par leurs conseils et points de vue à faire avancer la réflexion autour de la réduction de l’impact des filets sur les tortues marines en Guadeloupe, avec une attention toute particulière aux pêcheurs qui nous font confiance.

Kap’Natirel

La réserve naturelle de Saint-Martin s’investit pleinement dans le plan de restauration

Depuis 2008, avec l’arrivée de la chargée de missions scientifiques, et la validation du plan de gestion en 2009, la RNN de Saint-Martin s’est engagée aux côtés des autres membres du RTMG en faveur de la protection des tortues marines et de leurs habitats.

En 2009, un suivi des pontes de tortues marines était mis en place sur les sites classés en réserve ainsi que sur des plages ayant été identifiées, après diagnostic, comme site important de pontes. Ce suivi, basé sur un protocole de comptages traces, était réalisé sur une dizaine de sites par les agents de la réserve naturelle. L’année suivante, la RNN a œuvré à la création d’un réseau de bénévoles pour lui venir en aide dans cette mission précise, afin de garantir la pérennité du suivi sur l’ensemble des sites couverts. En 2010 et 2011 ce sont ainsi une quinzaine de bénévoles qui ont été formés et accompagnés dans la mise en œuvre du protocole. Ce suivi a permis de montrer que l’activité de ponte sur Saint-Martin était relativement importante (112 traces en 2009, 121 en 2010) notamment sur les sites de Tintamarre et des Terres Basses.

En parallèle, la RNN a formé les clubs de plongée de la partie française au protocole INASCUBA de suivi des tortues en alimentation. Sur les 8 clubs formés par la RNN, deux s’impliquent activement dans ce suivi et permettent d’affiner les connaissances sur la fréquentation des sites de plongée par les tortues marines.

La RNN travaille conjointement avec Nature, le gestionnaire du Marine Park côté hollandais : les deux AMP ont soumis un projet commun à Earthwatch project pour standardiser les protocoles et optimiser les suivis.

En mars 2011, la RNN a présenté à la Collectivité et à la Préfecture, avec l’aide d’Eric Delcroix de l’ONCFS, son diagnostic des sites de ponte qui avait débuté mi-2008.

Pendant un an, la chargée de missions scientifiques a arpenté l’ensemble des plages de la partie française afin de leur attribuer une note habitat selon différents critères (couverture végétale, présence de lumière, de constructions, tassement du sable). Des préconisations d’aménagement ont également été rédigées pour accompagner ce diagnostic de l’état des plages de Saint-Martin en tant qu’habitat des tortues marines. Ce travail a permis à la RNN d’être intégrée au COPIL de la rédaction du nouveau PLU de la Collectivité. Par ailleurs les agents de cette dernière ont été informés de l’existence de sessions de formations à l’aménagement des sites de ponte.

Des panneaux d’information sont en cours de réalisation pour être posés sur certains sites considérés comme majeurs.

La RNN a continué son rôle de sensibilisation cette année auprès du grand public lors de l’arrivée massive de sargasses pour prévenir le nettoyage déraisonné des plages. Suite à l’intervention d’un particulier sur un site, la RNN a communiqué dans les quotidiens de l’île sur la nécessité de faire appel à son expertise technique dans ces cas précis, et rappelé que la loi punit les destructions des habitats de tortues marines.

Enfin, comme chaque année depuis 2009, la RNN poursuit son action d’éducation à l’environnement auprès des scolaires, notamment à l’aide des mallettes pédagogiques distribuées par le réseau. En plus des 50h en moyenne d’intervention en classe et/ou sur sites prévues chaque année, la RNN a distribué les mallettes à une dizaine d’établissements scolaires.

A l’occasion des 20 ans de protection des tortues marines, la réserve prévoit, outre ses actions annuelles, la diffusion de films pédagogiques à destination du grand public et des scolaires.

 Pauline Malterre – Réserve Naturelle de Saint-Martin

Le retour des tortues vertes en Nord Basse-Terre

Le 28 août 2010 à 23h30, une tortue verte mesurant un mètre dix de longueur et prénommée « Claire de Lune », arrive sur la plage de Cluny à Sainte-Rose. Sa présence ravie les bénévoles de l’association Le Gaïac en pleine action sur le terrain. « Cela faisait plusieurs années que nous n’avions pas recensé de pontes de tortues vertes sur cette plage » signale Fortuné Guiougou, Président de l’association. En effet, la plage de Cluny est réputée « majeure » pour les pontes de tortues luth mais à moindre mesure pour les autres espèces de tortues marines présentes sur le littoral de Guadeloupe (tortues vertes et tortues imbriquées). Le retour de cette espèce protégée est une satisfaction pour l’ensemble des membres du Réseau Tortues Marines de Guadeloupe. « Nous constatons l’efficacité de nos actions mais aussi de meilleurs succès de pontes grâce aux aménagements réalisés » témoignent Yolande et Patrick Parmentier, bénévoles actifs de l’association le Gaïac. En 2007 des enclos ont été installés par l’Office National des Forêts afin de permettre à la végétation de recoloniser le site. L’objectif était double, créer une barrière végétale entre la route et la plage mais aussi recréer un milieu favorable à l’accueil des tortues vertes et imbriquées car celles-ci privilégient des zones végétalisées pour leurs pontes. Ainsi entre 2010 et 2011, plus d’une dizaine de tortues vertes ont pondu avec succès sur Cluny. L’association Le Gaïac remercie tous ses bénévoles pour leur implication.

 

                                                                                                          Cécile Lallemand – Association Le Gaïac

Le programme officiel des journées Tortues Marines

Du 9 au 12 novembre 2011 nous avons le plaisir de vous convier aux journées Tortues Marines organisées à la médiathèque du Lamentin dans le cadre de l’anniversaire des 20 ans de la protection des tortues marines dans la région Guadeloupe. Le 12 novembre 2011 est le temps fort de ces journées avec notamment l’après-midi dédié au bilan de 20 ans d’actions. Nous vous invitons à découvrir le programme en cliquant ici et surtout à nous rejoindre pour fêter cet évènement comme il se doit.

 

 

 

 

Attaque mortelle de chien : la 2ème tortue imbriquée meurt sur Trois-Rivières

Le mercredi 25 août, la plage de Grande-Anse Trois-Rivières, où se situe le local de l’association Kap Natirel a de nouveau été le théâtre d’une macabre découverte. Une femelle imbriquée, non baguée et mesurant 79 cm de CCL, a été tuée par un ou plusieurs chiens alors qu’elle essayait de pondre, comme cela avait été déjà été le cas fin juillet. La population de tortues marines en nidification sur le site, déjà faible, risque d’être fortement atteinte, si ces attaques de chiens continuaient. Les riverains sont invités à attacher leurs animaux, a minima la nuit en saison des pontes, soit de mars à novembre pour éviter la perte de nouveaux individus, protégés rappelons-le, depuis 20 ans en Guadeloupe.

Sophie Bédel – Association Kap’ Natirel