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Capture de mangoustes à Port Louis

La Petite Mangouste indienne a été introduite volontairement en Guadeloupe en 1888 afin de lutter contre des rongeurs eux aussi introduits, comme les rats, qui ravageaient alors les plantations. Non seulement cette introduction n’a pas eu l’effet escompté mais elle s’est révélée particulièrement délétère pour la faune indigène – et parfois endémique. En Guadeloupe, la Petite Mangouste indienne est notamment suspectée d’avoir contribué, avec d’autres mammifères prédateurs, à l’extinction du lézard Ameiva cineracea et à la quasi-extinction de deux espèces de couleuvres.

En ce qui concerne les tortues marines, la mangouste peut localement poser des problèmes en prédatant les nids. La situation avait d’abord été relevé sur l’îlet Fajou, et la mise en place d’une importante campagne de piégeage avait permis d’éradiquer la mangouste de l’îlet. Plus récemment, des cas similaires ont été signalés sur le littoral de Port Louis, conduisant à la tenue d’un stage sur la thématique en 2015 : Rapport Mangouste Cyril Cottaz

Parmi les différentes méthodes pour essayer de réduire l’impact de la présence de mangoustes (jusqu’à 90% des nids prédatés), le piégeage des individus est apparu comme la méthode la plus efficace puisque suite à la capture de 37 mangoustes, plus aucune prédation de nids n’avait été observée dans les mois suivants. Malheureusement, les mangoustes se déplacent et ont recolonisé le secteur de Port Louis.

Une nouvelle session de capture est donc mise en place, sous la forme d’un stage de trois mois. Alix Du Rour, étudiante en 1ère année de BTS Gestion et Protection de la Nature, est chargée de la mise en œuvre de ces captures durant son stage, sur le secteur de Port Louis Sud, ainsi que de la réalisation du suivi des pontes de tortues. Une formation à la capture a été au préalable dispensée par l’ONCFS, afin que les agents puissent participer à la campagne, côté Guadeloupe mais aussi Martinique, où la même problématique est présente.

Et en complément de ce stage, une étude est menée par Vivien Louppe, doctorant au Museum National d’Histoire Naturelle de Paris sur la mobilité de l’homme et son impact sur l’environnement par l’étude de la dispersion et de l’adaptation des carnivores sauvages invasifs aux Antilles. Dans ce cadre, une collaboration a été mise en place pour effectuer des prélèvements sur les mangoustes capturées, et pour la pose de pièges photos qui doivent permettre d’en savoir plus sur le comportement des mangoustes. Avec déjà quelques résultats :