Tortue verte en ponte à Terre de Bas

Actualisation des sites de pontes

Le dernier recensement des sites de pontes de tortues marines en Guadeloupe datait de 2012. Une mise à jour a donc été entreprise en 2015 afin de prendre en compte l’évolution de certains sites. Celle-ci s’est d’abord effectuée sur la base d’une consultation des référents secteurs du RTMG, premiers acteurs de terrain sur lesquels repose la connaissance en temps réel des sites. Une analyse des activités de pontes recensées ces dernières années a permis de compléter cette consultation.

Parmi les faits notables de cette actualisation, notons :

  • L’important travail de la Réserve Naturelle de Saint-Martin pour la réalisation d’un Atlas des sites de ponte de Saint-Martin, dont les résultats ont pu être pris en compte lors de cette actualisation ;
  • La prise en compte également nouvelle des données disponibles pour Saint-Barthélémy, rendue possible par la collaboration de l’Agence de l’Environnement de Saint-Barthélémy.
  • La découverte d’un « nouveau » site de ponte à Terre-de-Bas des Saintes. La plage de Petite Anse a en effet accueilli au moins une ponte de tortue verte en 2015 ;

Au total, l’actualisation de 2015 fait état de 190 sites de pontes de tortues marines dont 159 se trouvent sur la Guadeloupe « continentale » et ses dépendances (La Désirade dont Petite-Terre, Marie-Galante et Les Saintes) tandis que Saint-Martin et Saint-Barthélémy en comptent respectivement 20 et 11. Il convient néanmoins de préciser que certains sites ne font pas l’objet de suivis réguliers et que leur statut comme site de ponte (ou non) est donc susceptible d’évoluer au fil du temps.

Au-delà de ces simples chiffres, la connaissance des sites de ponte constitue un outil primordial pour l’accompagnement des collectivités dans la gestion du littoral.

 

Qu’est-ce qu’un site de ponte ?

La littérature scientifique dit que « sera considéré comme site de nidification pour les tortues marines toute surface où au moins une femelle d’une espèce quelconque de tortue marine a pondu dans des temps historiques » (Girondot et Fretey, 1996). Sans remettre cette définition académique en question, il convient d’admettre qu’elle trouve certaines limites dans une approche pratique et réglementaire de gestion des sites. A cet égard, il nous apparait plus pertinent d’avoir une vision des sites qui soit plus actuelle qu’historique. Ainsi, nous ne considèrerons pas comme site de ponte une plage qui a été – hélas – totalement détruite et bétonnée et n’est donc plus en mesure d’accueillir des pontes. De même ne sera pas considéré comme site de ponte un banc de sable apparaissant de manière ponctuelle à la faveur d’une marée et disparaissant intégralement avec la suivante, aucune ponte n’y étant viable. En revanche, une plage pourra être considérée comme site de ponte même si elle n’a pas accueilli de ponte depuis plusieurs années, dès lors qu’elle présente tous les atouts nécessaires à la ponte (accessibilité, habitats favorables…).

 ONCFS – Thomas Delhotal